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Rédigé par Kevin BLONDIN le Samedi 23 Mars 2013 à 21:52

Barça, La Roja: C'est quoi le problème?


D'abord le Celtic en Ligue des Champions. Puis la Real Sociedad en Liga. Ensuite? Deux revers face au Real Madrid et un face au Milan AC. Du côté de la Roja: un nul concédé à la dernière seconde face à l’Équipe de France en décembre dernier, puis encore un nul, surréaliste, sur le même score de 1-1, hier soir face à la faible équipe de Finlande! Le jeu flamboyant du Barça et de l'équipe d'Espagne semble être devenu trop stéréotypé et les différents adversaires, dans les diverses compétitions disputées, semblent s'être adaptés à cette possession cannibale et à ces vagues offensives incessantes.
Simples accidents de parcours, ou véritable crise identitaire? Décryptage.



Barça, La Roja: C'est quoi le problème?
Une Roja estampillée Blaugrana

D'abord un constat. Les résultats récents de La Roja sur la scène internationale (depuis 2008) sont indéniablement liés à la philosophie du Barça et à l'éclosion d'une génération dorée du côté de la capitale Catalane. En effet, collectionner des talents comme ceux de Xavi, Iniesta, Busquets, Piqué, ou encore Pedro à la même époque relève d'une probabilité infime.

Avoir une équipe nationale composée d'une majorité de joueur d'un même club semble être la base du succès, ou tout du moins de bons résultats sur la scène internationale. En témoigne les exemples de l'Espagne donc, dont l'équipe est composée à 70% de joueurs du Barça (et 30% du Real), de l'Allemagne (Bayern) et de l'Italie (Juventus) finaliste du dernier Euro.

Le problème, c'est que lorsque le club en question connait une crise, même passagère, ce qui est le cas du Barça version 2013 orphelin de son Tito, cela peut se ressentir sur l'équipe nationale. C'est ce qui semble se passer pour les champions du monde actuellement.
Hier soir, au coup d'envoi du côté de Gijón, pas moins de sept blaugranas étaient alignés: Victor Valdés, Jordi Alba, Gerard Piqué, Andrés Iniesta, Cesc Fabregas, Sergio Busquets, et "El Guaje" Villa de retour sur ses terres asturiennes. Une belle colonie.

Et très vite dans ce match, on a vu se mettre en place ce qu'on attendait tous, un attaque-défense en règle avec une possession affolante pour les locaux, et des miettes pour les Finlandais. Des petites miettes. Un récital s'est alors mit en place, et ce qu'attendait le public était alors l'avalanche de buts qui devait en découler.


Des espagnols incapables de marquer dans le jeu

Les minutes défilant, et l'ouverture du score tardant à venir, est apparu un spectre: celui de San Siro. En effet, l'analogie entre le huitième de finale aller de Ligue des Champions du Barça à Milan et le match du soir face à la Finlande était flagrante. Rappel d'un scénario déjà aperçu du côté du Celtic Park. A savoir cette incapacité à marquer, et même encore pire: à se créer des occasions dans le jeu!

Car c'est bien ça le problème, les espagnols ont rapidement installé un siège devant la surface scandinave, mais à aucun moment n'ont vraiment semblé inquiéter l'arrière-garde finlandaise. Avec un Iniesta omniprésent à la baguette et malgré du mouvement sur les côtés, impossible pour les joueurs de Vicente Del Bosque de parvenir à casser ce bloc défensif adverse.

Et, bien que l'Espagne ne manque pas de grand talent, l'absence d'un Messi s'est fait sentir. Car il ne faut pas oublier que si le Barça a réussi à renverser la tendance en LDC ce fut grâce à un doublé de son génie argentin!

Xavi manquait hier soir cruellement dans l'entre-jeu. Et c'est Iniesta qui a du s'occuper de l'axe, délaissant son côté gauche où il excelle en présence de son acolyte de toujours. Ainsi les deux métronomes Xavi Hernandez et Xabi Alonso ont brillé par leur absence. Mauvaise nouvelle pour nos Bleus: le premier cité devrait tenir sa place pour le match au Stade de France. Pour le madrilène toujours blessé, le doute plane encore.

Malgré une possession hallucinante en leur faveur à la demie-heure de jeu, 87% - 13% (!), les espagnols n'ont fait que démontrer leur incapacité chronique à marquer et à se créer de réelles situations chaudes. Et le comble dans tout ça, est que l'ouverture du score en fin de première période est venue d'un corner reprit de la tête par un Sergio Ramos, défenseur central de son état, qui fêtait hier soir sa centième sélection avec la Roja, à 26ans seulement. Le madrilène à fêter cela de la plus belle des manières et à penser libérer son équipe en vue de la seconde période. Finalement, il n'en sera rien ... Au contraire son but fut l'arbre qui cacha la fôret jusqu'à l'impensable égalisation.


La Finlande "offre" deux points à la France

Bis repetita dans le deuxième acte. Malgré l'entrée de Pedro (un autre Barcelonais!) à la place du Gunner Santi Cazorla, le même schéma va inlassablement se reproduire. Une possession de balle à son avantage, des centaines de passes, une domination vorace et sans partage, mais pas la moindre occasion à se mettre sous la dent. Les entrées plus tardives de Juan Mata et Negredo (à la place de Fabregas et Villa) n'y changeront rien n'ont plus bien que le Sévillan se soit procurer par deux fois des occasions de la tête en fin de match.
C'est même l'impensable qui s'est produit avec l'égalisation des visiteurs sur une de leur première incursion dans le camp adverse. Irréel! Comme l'a déclaré le sélectionneur Del Bosque après le match, il était "impossible" que la Finlande égalise. Et pourtant. La cruauté du football pour une Espagne coupable de ne pas avoir su tué le match. La magie de ce sport pour les Finlandais qui eux-même peinaient à y croire.


Alors quel visage face à la France? La même incapacité à être décisif malgré une domination sans partage? Ou bien un potentiel offensif retrouvé grâce au retour de Xavi et peut-être Xabi Alonso? Quoiqu'il en soit l'équipe de France arrivera avec un petit avantage psychologique après sa prestation solide face à la Géorgie (3-1) et l'Espagne avec un peu plus de doute. Attention cependant à ne pas sous-estimer ces espagnols là, car une grande équipe ne trébuche jamais deux fois de suite dit-on... Et demandé au Milan à quoi peut ressembler la réponse d'une bête blessée ...

De plus, ce type de contre-performance, que ce soit pour le Barça ou pour l'Espagne, ont souvent lieu devant des "petites" équipes (que Chelsea et le Milan ne le prennent pas mal) regroupées en défense, ce qui ne devrait pas être le cas de l'équipe de France qui voudra jouer "pour gagner" comme l'ont déclaré les joueurs français en conférence de presse aujourd'hui. Des espaces plus amples devraient donc s'offrir pour Iniesta et sa bande. Il faudra compter sur Matuidi et Pogba (s'il est titularisé) pour couper les lignes et s'appliquer dans la première relance.


La multiplication des contre-performances du Barça et de la Roja ces derniers mois, ne signifie pas nécessairement que c'est tout un modèle, issu de la philosophie du club Catalan, qui est en crise ou à revoir. Ces deux équipes restent plus que compétitives et dangereuses. Après tout le Barça a écrasé la Liga et est l'un des favori pour la LDC et l'Espagne est double championne d'Europe et championne du Monde en titre. Excusez du peu. Il faudra néanmoins un peu plus de percussion et de nouveauté à l'équipe de Del Bosque pour espérer battre la France mardi et éviter ce genre de mésaventure à l'avenir. Le retour de Xavi Hernandez dans l'entre-jeu ibère devrait apporter quelques réponses. Les absences de Jordi Alba (blessure), Iker Casillas (blessure), David Silva (suspendu) et peut-être Xabi Alonso (convalescent) réjouiront quant à elles les fans de l'équipe de France.

Comme l'ont clamé à l'unisson les médias espagnols aujourd'hui "La route du Brésil passe par Paris" pour l'Espagne! A l'équipe de France de leur barrer la route!




Mots clés : Barcelone, Roja

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