jeunesfooteux
Rédigé par Miary Mahasoro le Dimanche 22 Juin 2014 à 16:35

Coupe du Monde : Le fiasco de l’Espagne


Un tsunami, un séisme, un coup de tonnerre… Nombreuses sont les expressions pour qualifier la déroute de l’Espagne lors de la Coupe du Monde au Brésil. Ce fiasco marque la fin d’une génération. Une page se tourne pour la Roja.



Coupe du Monde : Le fiasco de l’Espagne
Un drame national. Si l’on ne voyait pas forcément l’Espagne gagner cette Coupe du Monde au Brésil, personne n’imaginait que la Roja serait déjà éliminée au premier tour. Les champions du Monde en titre rejoignent donc la France et l’Italie au club fermé des Nations tenante du titre éliminée au premier tour. Comment expliquer ce fiasco ? Essayons de trouver quelques réponses. Tout d’abord le premier match face au Pays-Bas. Après avoir ouvert le score, les espagnols ont pris une véritable furia de la part des hollandais, emmenés par des Robin Van Persie et Arjen Robben absolument intenable. Le football se joue parfois sur des détails, et ce match le prouve pleinement. 42ème minute, le stratège David Silva a la balle du 2-0 au bout du pied, mais il tente une balle piquée, aussi subtile qu’inutile, qui finit dans les bras de Cillessen. Deux minutes plus tard, Robin Van Persie égalise d’une tête magistrale, et la suite est connue, avec un score final de 5 buts à 1 pour les Pays-Bas. Bien sûr comme on le dit souvent « avec les si, on peut refaire le monde ». Mais pas certains que, si les espagnols rentraient  à la pause avec deux buts d’avance, les Hollandais auraient eu la même euphorie. Si ce match s’est joué sur un détail, le match contre le Chili a été une démonstration des faiblesses et des limites de l’équipe d’Espagne. Organisée en 3-5-2 (comme les Pays-Bas), les chiliens ont proposé un pressing et une intensité terrible du début à la fin du match. Avec des techniciens comme Iniesta, Xabi Alonso, Pedro ou Silva, l’équipe d’Espagne s’est faite « manger » physiquement. Car c’est bien au milieu que l’activité incessante des moteurs qu’étaient Vidal, Aranguiz, Diaz, Isla ou Mena ont fait la différence. Une fois le ballon récupéré, les chiliens ont systématiquement lancé les flèches qu’étaient Alexis Sanchez et Eduardo Vargas afin de mettre à mal la défense espagnol. Défense qui a sombré, à l’image de son emblématique gardien, Iker Casillas, auteur d’un match catastrophique face aux Pays-Bas et fautif sur le second but chilien. Ces attaques rapides, ce physique et cette agressivité ont eu raison de l’Espagne, qui n’a trouvée aucune réponse à cela. Car là où le bât blesse pour les espagnols, c’est que la sélection est devenue une caricature du FC Barcelone. Des petits gabarits très techniques, sans véritable attaquant, qui gardent très bien le ballon, certes. Mais de plus en plus ces derniers temps, ni l’Espagne, ni le Barça n’arrivaient à faire ce changement de rythme dans les 30 derniers mètres qui faisait la différence. Un jeu stéréotypé qui n’a pas évolué pendant que les autres équipes elles se métamorphosait en équipe solide, physique et surtout se projetant très vite vers l’avant (Allemagne, Pays-Bas, France, Colombie…). Enfin, il y a eu une véritable scission dans le vestiaire espagnol, à l’image des déclarations de Xabi Alonso : « On n’a pas su garder la faim, la conviction, la volonté. » A l’image de Barcelone encore une fois, une certaine lassitude des dernières victoires s’est fait ressentir dans le vestiaire. Et une certaine tension également, en témoigne les mots échangés entre Vicente Del Bosque et Cesc Fabregas. Un fiasco sportif et aussi interne, qui marque la fin d’une magnifique génération qui nous a tous fait rêver, et qui laissera place à une nouvelle génération qui ne demande qu’à suivre l’exemple de leurs aînés. 

A la suite de cette élimination précoce, de nombreux cadres de l’équipe d’Espagne devraient tirer leur révérence en sélection. David Villa a d’ores et déjà annoncé qu’il arrêterait sa carrière international à la fin de ce Mondial, tandis que d’autres comme Xabi Alonso, Iker Casillas ou Xavi devraient en faire de même. Des places vacantes qui devraient rapidement être comblées. Car l’Espagne, en plus de stars internationales confirmées, dispose d’un vivier de jeunes talents absolument phénoménal. Koke, Isco, Morata, Rodrigo, De Gea, Carvajal, Azpilicueta, Deulofeu, Thiago, et bien d’autres… La nouvelle génération s’affirme déjà comme aussi prometteuse que la précédente. Koke, que Xavi à lui-même annoncé comme son remplaçant, devrait devenir le nouveau maître à jouer du FC Barcelone. De Gea est déjà l’un des meilleurs jeunes gardiens avec Marc André Ter-Stegen et Thibaut Courtois. Dani Carvajal est devenu un titulaire indiscutable au Real. Ces jeunes ont du talent, mais sont également titulaires dans les meilleurs clubs du monde ! Un passage de flambeau nécessaire, aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire, où les tensions dans les derniers clasicos ont sûrement dû se faire ressentir dans le vestiaire de la Roja. Une nouvelle génération peut-être emmenée par un nouveau sélectionneur. Car si l’on parle des bourdes de Casillas, du niveau catastrophique de Xabi Alonso ou de l’apathie de Diego Costa, le sélectionneur ibérique n’est pas à épargner ! En effet, Del Bosque n’a jamais trouvé les réponses tactiques pour se sortir des pièges tendus par Van Gaal et Sampaoli. Si les Hollandais étaient dans une sorte de transe incroyable quand les espagnols eux étaient au fond du trou, l’Espagne a eu à faire, avec le Chili, à un adversaire évoluant dans le même système de jeu que les Pays-Bas ! De quoi faire les ajustements nécessaires afin de redresser la barre. Des ajustements qui n’ont pas été fait par Del Bosque, qui s’est toujours contenté des mêmes plans de jeux pendant les 2 derniers Euros et les 2 dernières Coupe du Monde. Un vent de fraîcheur doit souffler sur cette sélection espagnole. Des cadres vieillissants ainsi qu’un entraîneur en manque d’idées, c’est tout l’organigramme ibérique qui doit être remis à neuf. Pour cela des jambes jeunes et fraîches doivent redynamiser un groupe amorphe. L’Espagne est tombée, mais l’Espagne se relèvera. Et gare au réveil de la bête blessée. 



Mots clés : CM2014, Espgane

Notez