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Rédigé par Gael Simon le Lundi 21 Octobre 2013 à 22:27

Et si Evra n'avait pas totalement tort ?




Et si Evra n'avait pas totalement tort ?
Depuis dimanche matin, les critiques fusent autour de Patrice Evra suite à l’interview diffusée dans Téléfoot dans laquelle l’ancien capitaine des Bleus revient sur la période Knysna, son rôle dans le vestiaire et son opinion sur les journalistes et différents consultants qui ont pu le critiquer… Le ton employé par l’arrière gauche lui a été reproché, et l’ensemble des médias se sont unis pour le reprendre de volée. Mais dans le fond, Evra a-t-il réellement tort. Derrière la forme maladroite et hasardeuse ne se cache-t-il pas une part de vérité ? Au fond, les journalistes français sont-ils si irréprochables que ça… Et son discours sur ce que doit être l’Equipe de France, le comportement du groupe, n’est-il pas celui qu’on souhaite entendre depuis des années ? Non vraiment, si on mettait de côté certains propos choquants, certaines parties largement critiquables, le discours de l’ancien Monégasque n’est pas totalement faux…
Lors de la première moitié de l’interview qu’il a accordée à Marc Benoit, Patrice Evra revient sur son rôle dans le vestiaire des Bleus, son implication dans la vie du groupe et sur le parcours de l’Equipe de France depuis l’arrivée de Didier Deschamps. Il me semble que sur ce point, on ne peut rien reprocher à Evra. Il évoque une Equipe de France qui doit avoir faim de victoire, qui doit se donner pour le maillot, qui doit être convaincue de sa force et déterminée à gagner… Il évoque aussi son rôle dans le vestiaire. Sur ce point là, on pourrait lui en vouloir pour son manque indéniable d’humilité. Mais dans le fond, son discours semble sincère et tout à fait recevable. Evra est un soldat de Deschamps, qui a une expérience, un parcours qui lui permet de prendre des responsabilités. Et si finalement l’épreuve Knysna l’avait fait grandir ? Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’il n’a pas le droit d’apporter son point de vue s’il a mûri, s’il s’est servi de ce moment-là pour prendre conscience du rôle d’un joueur en Equipe de France. Vraiment, sur la première partie de l’interview, je n’ai rien à redire. Au contraire, je vais même dans son sens. Il n’a pas le brassard, cela ne doit pas l’empêcher de prendre la parole. Il a vécu des choses qui peuvent l’aider à prendre du recul et à encadrer les jeunes, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs que par le passé.
C’est plus sur la seconde partie du discours que les critiques se concentrent. En bref, Patrice Evra règle ses comptes, de façon très maladroite avec Pierre Ménès, Bixente Lizarazu, Rolland Courbis et Luis Fernandez. Les propos employés par le joueur de Manchester United sont plus que déplorables. Même si les différents consultants ne sont pas exempts de tout reproche dans l’affaire, j’y reviendrai plus tard, le ton utilisé et la façon de les qualifier sont plus que choquants. Le problème, c’est que les propos d’Evra ne sont pas contrôlés. Je ne suis pas sûr qu’il ait envie de dire ce qu’il a sur le cœur. On comprend que c’est le journaliste de Téléfoot qui pousse l’arrière gauche à parler. Ainsi, les mots, les paroles, les termes ne sont pas calculés, et c’est ça l’erreur ! Et c’est ça qui choque. Avec un peu plus de tact, de diplomatie et peut-être d’humilité aussi, ce même discours aurait été pris et assimilé différemment…
Evra ne semble pas vraiment considérer les journalistes et consultants auxquels il s’adresse. Il ne prend même pas la peine de les nommer correctement. Nouvelle erreur. Mais il évoque des faits indéniables. Pierre Ménès, qu’on l’aime ou non, peut être critiqué pour ses propos, son personnage et ses manières pouvant énerver. Patrice Evra semble en tout cas éprouver une haine particulière pour l’ancien journaliste de l’Equipe. Mais il soulève derrière son discours, le devoir d’exemplarité des journalistes, un devoir que ne respecte pas tout le temps le consultant du CFC. Dans un second temps, l’arrière gauche de Manchester United évoque Bixente Lizarazu. Mais c’est plutôt à l’ancien joueur qu’il semble en vouloir. Il évoque, en effet, sa première sélection en Bleu pendant laquelle le champion du Monde n’a pas serré la main d’Evra, ayant peur que ce dernier prenne sa place… Il est certes maladroit de régler ce compte sur la place publique, mais cela permet de soulever le problème suivant. Comment un joueur qui faisait passer son propre cas avant celui de l’Equipe de France peut-il réclamer dans les médias un comportement exemplaire aux joueurs qui portent le maillot actuellement ? Enfin, Patrice Evra évoque le cas des deux consultants RMC, Luis Fernandez et Rolland Courbis. On ne va pas se le cacher, les différents membres de la « Dream Team RMC » sont connus aussi bien pour leur franc-parler que pour leur excessivité. Et c’est certainement cela que Patrice Evra reproche à l’ancien international français et à l’ancien entraîneur de Marseille.
Je n’excuse cependant pas les propos de l’arrière gauche des Bleus. Le passage sur le comportement de l’équipe durant la Coupe du Monde 2010 ou le discours sur sa popularité auprès des Français ne m’ont pas plu. Mais derrière le fond terriblement maladroit, se cache une vraie part de vérité, qu’il est nécessaire d’observer… Maintenant, peut-on accepter ce type de propos avant un moment aussi important pour l’Equipe de France ? La FFF n’est-elle pas obligée de sanctionner un tel discours ? En attendant la réponse des faits, il est important de prendre de recul sur ces propos et de voir la part de vérité qui se cache derrière la forme plus qu’approximative.
Gaël Simon



Mots clés : EdF, Evra, Football

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