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Rédigé par Yohann Petit le Vendredi 27 Juin 2014 à 16:16

Grèce : un invité surprise


En atteignant pour la première fois les huitièmes de finale pour une troisième participation en Coupe du Monde après celle de 1994 et 2010, les Grecs ont franchi un pallier supplémentaire. Comment sont-ils arrivés là ?



Après le triomphe de 2004 au Portugal, la Grèce a eu du mal à confirmer sur la scène internationale. Aujourd'hui, l'équipe menée par Fernando Santos trouve désormais plus de constance. En effet, autrefois simple faire-valoir, les Hellènes participent aux compétitions internationales constamment depuis 2008 et sont parvenus à se faire une place au delà des premiers tours à l'Euro 2012 en devançant la Russie et la Pologne, pays co-organisateur avant de chuter contre l'Allemagne en quarts de finale de la compétition.

Après cette aventure plutôt réussie en Pologne et en Ukraine, les Grecs ont terminé à la 2ème place de leur groupe avec le même nombre de points que les Bosniens qui étaient premiers (25) mais avec un matelas confortable de 12 points d’avance sur les Slovaques, 3èmes. Bilan que l'on pourra qualifier de plus que positif car ils n’ont perdu qu’une seule fois en Bosnie lors de cette phase de qualifications. En outre, avec 4 buts encaissés au terme de ses éliminatoires, la Grèce s'est réaffirmée comme l'une des valeurs sûres du continent au niveau défensif. Cette efficacité défensive est primordiale dans une compétition. C'est d'ailleurs en grande partie grâce à cette discipline tactique au niveau défensif que c'est en huitièmes de finale pour la première fois, face au Costa Rica que vont se présenter les bleus et blancs.

Bien évidemment cela n'aurait pas été possible sans le parcours réalisé en phase de poules. Même si le premier match fut un échec cuisant 0-3 face à la Colombie favorite de ce groupe avec une entame de match ratée à cause d'un bloc défensif pas assez resserré, qui a conditionné tout le reste du match avec l'ouverture du score des Cafeteros dès la 5ème minute de Pablo Armero.

Pour le deuxième match, les Grecs ont rassuré avec un système défensif retrouvé et qui, malgré l'exclusion de Kostas Katsouranis dès la 38ème minute ont réussi à boucher la plupart des espaces ne laissant aux Japonais principalement que des tirs lointains sur la vingtaine concédée. Des joueurs offensifs comme Samaras ou Kone ont été auteurs d'une prestation de haut vol sur le plan défensif.

Le troisième match signe une confirmation du résultat glané par rapport aux Nippons. Laissant comme à leur habitude la balle à ses adversaires pour piquer en contre, les hommes de Fernando Santos après avoir perdu sur blessure leur meneur de jeu Panagiotis Kone et le gardien Orestis Karzenis lors des 25 premières minutes de jeu. On se dit à ce moment que le moral des Grecs en avait pris un coup mais il n'en fut rien car une balle interceptée dans les 40 mètres ivoiriens par Samaras offrit au remplaçant Samaris l'ouverture du score à la 42ème minute. La suite fut assez bien maîtrisée jusqu'à l'un des premiers trous laissé par Maniatis et Torosidis pour l'égalisation de Bony. Et c'est quasiment sur le gong et par une ultime offensive du toujours aussi actif Georgios Samaras que les bleu et blancs obtinrent le pénalty victorieux transformé par le même Georgios ayant subi la faute pour arracher la qualification pour les huitièmes.

Les Hellènes vont donc inscrire une nouvelle page dans l'histoire de leur football. Donnés devancés par la Colombie et la Côte d'Ivoire par la majorité des personnes, ils ont d'ores et déjà réussi leur mondial et peuvent peut-être viser plus haut. En effet, même si ils ne récupèreront pas Panagiotis Kone véritable meneur dans le milieu de terrain et que Karzenis souffre du dos ce qui rend sa participation incertaine, l'abattage d'un Samaras, les deux latéraux contre attaquants que sont Torosidis et Holebas, le talent du jeune Kostas Manolas en charnière centrale, l'expérience et la finesse du champion d'Europe 2004 Georgios Karagounis ou même le revanchard Kostas Mitroglou sont autant de facteurs qui peuvent permettre à ce collectif huilé d'avancer encore.

Loin de l'individualisation du football exacerbée, tous ces joueurs forment une équipe et non une simple addition de talents comme on en voit trop aujourd'hui. Et si ce collectif pouvait renverser une autre surprise des huitièmes qu'est le Costa Rica ?



Mots clés : CM2014, Grèce

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