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Rédigé par Miary Mahasoro le Mardi 20 Janvier 2015 à 18:57

Jérémy Ménez : La rédemption


Barré par la concurrence au Paris-Saint-Germain, Jérémy Ménez retrouve des couleurs en Italie. Retour sur la route de ce joueur, éternel mal aimé, qui n’a pas eu une carrière à la mesure de son immense talent.



Jérémy Ménez : La rédemption

De futur crack à talent gâché

 
Jérémy Ménez, Robinho, Hatem Ben Arfa… Des joueurs au talent incommensurable, mais qui n’a jamais su être pleinement exploité. Ménez fait donc partie de ces talents gâchés. Pourtant, il avait tout d’un grand. Né à Longjumeau et faisant partie de cette fameuse génération 87 (Nasri, Benzema… ), Jérémy Ménez est un de ces talents précoces. Après avoir fait ses gammes au CS Brétigny, il rejoint le centre de formation de Sochaux à seulement 13 ans. Il y signe à 16 ans son premier contrat professionnel, malgré l’intérêt de Manchester United, Sir Alex Ferguson himself, s’étant déplacé pour tenter de convaincre le jeune français, en vain. Ménez montre très vite l’étendue de sa qualité à la France entière. Technique, rapide, il possède une qualité d’élimination au-dessus de la moyenne. Il est aussi très adroit devant le but, en témoigne son triplé face à Bordeaux en janvier 2005 en seulement 7 minutes ! Devenu l’une des grandes promesses du football français, il signe à Monaco en 2006. Il oscille entre le très bon et le très mauvais, notamment suite à l’arrivée du brésilien Nenê qui lui barre la route. Car en plus d’un grand talent, Ménez c’est aussi un sacré caractère. Il est notamment raillé pour sa nonchalance, lui qui préfère regarder ses partenaires faire le pressing plutôt que de l’exercer lui-même. Après 3 saisons mi-figue mi-raisin, il s’envole pour l’Italie et l’AS Rome. Après un temps d’adaptation, il éclate aux yeux de l’Europe entière sous les ordres de Claudio Ranieri. Il confirme enfin son immense potentiel, en témoigne sa magnifique passe décisive contre le Bayern Munich en 2010. Mais le caractère de Ménez va encore gâcher les choses, se mettant en conflit avec le nouvel entraîneur, Vincenzo Montella. Il est alors transféré au Paris-Saint-Germain en 2011. A Paris, Ménez fait du Ménez, alternant le grandiose et le médiocre. Il n’arrive pas à confirmer son potentiel, et ce malgré la confiance de son entraîneur, mais aussi du sélectionneur. Son fait d’arme principal restera son but à Gerland qui offrira le titre au PSG en 2013. Mécontent de son temps de jeu, sifflé par le public parisien, en conflit avec son entraîneur, Ménez fait ses bagages à l’été 2014 pour le Milan AC. 

De la rédemption à l’Equipe de France ?

 
Ce retour en Italie est pour le moment gagnant. Car Ménez semble s’éclater pleinement du côté de la Lombardie. Il totalise déjà 8 buts en 14 matchs à la mi- saison. Il s’agit déjà de l’une des meilleures saisons de sa carrière ! Il a notamment inscrit des chefs-d’œuvre, notamment face à Parme ou encore dans le derby milanais. La forte tête du football français trouve alors une plénitude dans le jeu milanais. Positionné en numéro 10, il est l’électron libre de l’équipe. Il peut ainsi décrocher pour dicter le rythme du jeu ou alors se rapprocher de ses attaquants afin de combiner. Il possède alors une énorme influence sur le jeu de son équipe, chose qui n’a jamais été le cas dans sa carrière. Il est alors normal que Filippo Inzaghi, son entraîneur actuel, l’adoube : « Il ne m’a absolument pas surpris. Je n’ignorais rien de ses énormes qualités. Adriano Galliani, notre vice-président, a eu l’idée de le prendre. Moi, même si je connais son mélange de technique et de 
vitesse, j’ai voulu 
savoir ce qu’il 
pensait. Je suis allé 
le voir à Ibiza 
pendant ses
 vacances. Il m’a 
séduit en cinq 
minutes. Je lui ai
 dit ce que j’espérais 
de lui. J’ai compris
 que c’était un
 garçon très
 disponible, gentil et
 très professionnel. 
Ce qu’il fait sur le terrain est la démonstration de ce qu’il réalise à l’entraînement. Son état d’esprit au travail est parfait. Il y a quelques mois, c’était peut-être plus compliqué pour lui, mais ici les compteurs ont été remis à zéro. On l’aide et il nous aide pour gagner et faire le spectacle. » Inzaghi est tellement sous le charme du français qu’il lâche qu’il veut « épouser Jérémy Ménez » avant de terminer sur un appel du pied à l’équipe de France : « Il veut disputer l’Euro 2016 chez lui et, s’il continue ainsi, il le fera. » Car oui, les prestations de Jérémy Ménez ne passe pas inaperçues du côté de l’Hexagone. Au point que certains observateurs se demandent s’il n’est pas prêt d’un retour en Bleu. En effet, hormis Mathieu Valbuena, le côté droit de l’équipe de France ne connaît pas de véritable alternative au joueur de Moscou. Ainsi, Loïc Rémy est l’option privilégiée par Didier Deschamps, mais il ne jouit pas d’un temps de jeu important à Chelsea. Autre option pour le sélectionneur, Florian Thauvin, talentueux mais ne possédant pas encore une expérience internationale suffisante. Ménez se place alors comme un candidat sérieux pour l’équipe de France. Il faut pour cela que Ménez fasse preuve de consistance, chose que le fantasque français n’a jamais réussi à faire tout au long de sa carrière. A 27 ans, Ménez ne doit plus traîner s’il ne veut pas rater le train de l’équipe de France pour de bon. 



Mots clés : Menez, Milan AC

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