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Rédigé par Yohann Petit le Mercredi 18 Juin 2014 à 16:19

La Mannschaft a-t-elle une faiblesse ?


Tous les 2 ans depuis l’organisation du Mondial à domicile en 2006 et la totale remise en cause des méthodes de formation et de sélection mise en marche après les désillusions de l’Euro 2000 et 2004, la Nationalmannschaft est constamment rangée dans la catégorie des favoris. Cette année encore, leur premier match pour leur entrée en lice nous conforte dans cette idée. Mais pourront-ils « enfin » aller au bout ou montreront-ils des limites rédhibitoires pour pouvoir conquérir un quatrième titre mondial ?



C’est sûrement, avec les Pays-Bas, l’équipe qui a fait l’une des plus grosses impressions après les premiers matchs de la phase de poules de ce mondial. Le large succès contre le Portugal (4-0) a montré que le monde du football pourrait à nouveau compter sur eux en 2014 pour prétendre à la victoire finale. En effet, avec une équipe composée de joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens avec une grosse base Bavaroise de 6 joueurs dans l’équipe présentée face aux Lusitaniens, les qualités et les automatismes sont bien présents.
De plus, cette équipe, en plus de tous ses joueurs de qualité et de son collectif, dispose d’une expérience certaine avec Podolski, Lahm, Schweinsteiger, Mertesacker et Klose présents depuis 2006. L’équipe Allemande est également depuis cette période la plus régulière de toutes les sélections avec à son palmarès une troisième place au Mondial 2006 et 2010, une place de vice champion d’Europe en 2008, une demi-finale en 2012.
Mais on ne peut pas pour autant être certain que cette équipe écrasera tout sur son passage jusqu’au sacre ultime. Tout d’abord, la précédente statistique montre aussi la difficulté qu’a cette équipe à franchir le dernier pallier, à être présente au bout de la compétition, là où tous les détails comptent le plus.
Cette année encore quelques doutes peuvent surgir dans le ciel des blancs et noirs qui semble pour le moment dégagé. L’une des principales causes est Joachim Löw. En effet, le technicien Allemand en place depuis Août 2006 après le départ de Klinsmann qu’il croisera sur le banc des Etats-Unis, semble faire quelques choix discutables au niveau des hommes qu’il sélectionne et au niveau de la manière de les aligner.
Les interrogations se posent dans un premier temps sur les arrières latéraux. Marcel Schmelzer, arrière gauche et vice champion d’Europe 2013 avec Dortmund a été écarté de la sélection finale tandis que Erik Durm, son coéquipier en club de 22 ans et une saison de Bundesliga, est le seul arrière gauche de métier du groupe des 23. Le premier a sans doute souffert au niveau physique du fait de ses nombreuses blessures, c’est en tous cas la seule explication plausible que l’on peut donner à son absence. Höwedes, habituel défenseur central à Schalke 04, même si il est délocalisé de temps à autres à droite, a été aligné à ce poste d’arrière gauche contre le Portugal. Celui-ci du haut de ses 1.87 mètres, d’une vitesse et d’une technique moyenne, ne présente pas toutes les caractéristiques inhérentes à ce poste. Le poste de latéral droit est confronté à un problème similaire car Jérome Boateng aligné dans cette position lors de ce premier match est également un défenseur central au Bayern Munih et souffre également des mêmes problèmes que son homologue du côté gauche. Philip Lahm serait une solution d’amélioration au niveau des latéraux en étant aligné sur l’un des deux côtés mais comme le sélectionneur préfère le mettre à la « sauce Guardiola » en milieu défensif alors qu’à ce niveau Scweinsteiger, Khedira, Kroos sont là pour combler le vide qui serait laissé par le capitaine.
Alors, même si Löw pourrait nous faire constater que son organisation défensive a tenu face à Cristiano Ronaldo et Nani, on pourra aussi dire que l’Allemagne n’a pas été poussée dans ses retranchements dans ce match face au Portugais, notamment grâce à l’exclusion prématurée de Pepe à la 37ème minute qui a facilité sa domination et fausse donc une éventuelle analyse. Alors, attendons de voir face à une équipe qui sera d’un cran encore supérieur.
Dans un second temps, c’est au niveau de la ligne offensive qu’on a du mal à y voir très clair. Un seul vrai attaquant de pointe en la personne du presque éternel Miroslav Klose et derrière, une flopée de milieux offensifs. Et c’est uniquement ces milieux offensifs là que l’on retrouve dans la composition de Löw. Müller est donc préféré à un Klose en pointe. André Schürrle ou Lukas Podolski ont également occasionnellement évolué à cette position et peuvent également être une alternative sans être des buteurs nés. Cette option de ne pas mettre un vrai numéro 9 a d’ailleurs payé contre le Portugal puisque la mobilité de Thomas Müller lui a permis d’inscrire un triplé, mais sera-t-il capable d’avoir le même rendement face une équipe beaucoup plus resserrée où il sera nécessaire de se faire une place en plein cœur de la surface de réparation ? Là encore, on peut s’interroger… L’option du meilleur buteur de l’histoire Allemande sera néanmoins à la disposition du sélectionneur.
Enfin, Mesut Özil sera sans doute l’une des clés du jeu de la sélection aux trois titres mondiaux. Le joueur d’Arsenal régulièrement dans les tops européens des passeurs décisifs, semble moins performant en sélection qu’en club. Il est donc attendu et devra combattre le scepticisme qui s’installe régulièrement quand il aligne des performances moyennes pour un joueur de son calibre.
En conclusion, la Mannschaft, sera sans doute encore au rendez-vous lors de ce mondial. Néanmoins, on ne peut pas affirmer qu’elle ne montrera pas quelques faiblesses au niveau des arrières latéraux et en pointe de l’attaque. Le style de jeu prôné par Löw souhaitant toujours plus d’offensives représente également un véritable risque. Mais comme d'habitude, les résultats nous diront si les doutes étaient fondés ou non...



Mots clés : Allemagne, CM2014

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