jeunesfooteux
Rédigé par Yohann Petit le Vendredi 20 Juin 2014 à 15:16

Les Pays-Bas, pas si forts ?


9 victoires et 1 nul en éliminatoires pour se qualifier tranquillement avec 9 points d'avance sur la Roumanie pour cette Coupe du Monde 2014, c'est le bilan réalisé par cette équipe des Pays-Bas. Mais sont-ils pour autant si forts au point de faire partie des favoris de ce mondial ?



Les néerlandais ont créé la première surprise de ce mondial en contribuant fortement à la chute de l'Espagne championne du Monde et double championne d'Europe en titre par cette large victoire 5-1 lors de la première journée.

Ce succès retentissant a été obtenu notamment grâce à la mise en place d'un 3-5-2 se transformant en 5-3-2 en phase défensive. Les néerlandais ont montré dans ce match, après avoir été menés 1-0, qu'ils étaient capables de tenir physiquement et mentalement de façon collective après que David Silva ait raté la balle du K.O. Le sublime but salvateur juste avant la mi-temps de Van Persie est en cela une preuve de l'abnégation dont l'équipe peut faire preuve et cela a eu pour effet de détériorer le mental espagnol. Daley Blind auteur des passes décisives sur les deux premiers buts a été très performant dans son rôle dans le couloir gauche. Il a également été aidé par les deux stars Robben et Van Persie toujours aussi imprévisibles devant avec chacun un doublé. Il est sûr que la forme de l'équipe dépendra d'eux tout au long de la compétition.

Au niveau de la défense à trois, on peut être un peu plus mitigés étant donné que Vlaar, Martins Indi et De Virj qui ont su contrer avec brio le tiki-taka ibérique, ont connu plus de difficultés face à la modeste Australie. Les "Oranjes" qui ont perdu Strootman blessé au genou en mars avec la Roma, ont perdu une véritable plaque tournante au milieu de terrain capable de faire parfaitement le lien entre la phase défensive et la phase offensive. C'est aujourd'hui de ce que semble souffrir le plus l'équipe entrainée par Louis Van Gaal. Ce manque s'est notamment fait énormément ressentir avec ce 3-5-2 conservé face à l'Australie où les trois défenseurs centraux étaient contraints d'envoyer des longs ballons difficiles à contrôler et à exploiter par Van Persie et Robben. Le milieu de terrain formé par Nigel de Jong et Jonathan De Guzman bien qu'adroits techniquement, ne réussissent pas pour autant à combler ce manque et se retrouvent en infériorité pour prendre le dessus au milieu du terrain.

Wesley Sneijder qui a réalisé deux passes décisives face à l'Espagne n'a pas réitéré avec une prestation médiocre contre l'Australie. En effet, il n'a pas semblé dans la meilleure des formes ratant tantôt contrôles et passes assez aisées à réaliser pour un joueur de son talent. Le fait est que le milieu de Galatasaray, qui fut l'un des meilleurs de l'année 2010 sur sa saison avec l'Inter auteur du triplé historique où il fut meilleur passeur de la Ligue des Champions et les Pays-Bas qu'il mena notamment jusqu'en finale avec ses 5 réalisations, est plus irrégulier que par le passé bien que capable de coups d'éclats encore impressionnants dans chaque match.

L'avènement de Memphis Depay, joueur du PSV Eindovhen entré contre l'Australie à la mi-temps à la suite de la blessure de Martins Indi, peut permettre à Van Gaal de basculer à nouveau sur 4-3-3 en le titularisant sur le flanc gauche de son trident offensif. L'entrée en jeu du joueur de 20 ans, a permis à l'équipe néerlandaise de se sortir du piège tendu par des Socceroos accrocheurs par une passe décisive pour Van Persie et par une frappe lointaine mal appréciée par le gardien adverse. Celui qui est devenu à cette occasion le plus jeune buteur et passeur de son pays en Coupe du Monde a prouvé qu'il pouvait briguer une place dans le onze de départ.

On a donc pu voir à la suite des deux matchs disputés par les Pays-Bas que le 3-5-2 pas adapté à tous les adversaires car il demande un jeu plus direct notamment à cause du sous nombre que cela crée au milieu de terrain. Le schéma préférentiel préférable pencherait donc plutôt vers le 4-3-3 pour permettre aux néerlandais de pouvoir montrer au mieux de quoi ils sont capables dans la compétition. Cependant, il n'est pas opportun de les placer dans la peau de favoris même avec cette victoire contre l'Espagne qui a fait frémir la sphère médiatique. Le chemin tracé le sera sans doute beaucoup par les facteurs déterminants que représentent Van Persie et Robben. En effet, cette équipe touchée régulièrement par des conflits internes, se détache bien plus souvent par ses individualités que par son collectif, et sans grand collectif, difficile de faire partie des favoris...



Mots clés : CM2014, Pays-Bas

Notez