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Rédigé par Yohann Petit le Dimanche 15 Mars 2015 à 10:27

Pourquoi l'Italie s'intéresse de nouveau à la Ligue Europa ?


C’est une statistique qui a fait écho en Europe. A l’issue des seizièmes de finale de la Ligue Europa, les clubs italiens étaient encore cinq à pouvoir encore décrocher le titre de la petite coupe d’Europe, autrement dit, les plus représentés dans cette compétition. Quels intérêts les clubs transalpins ont-ils désormais pour moins délaisser cette compétition ?



Cette saison sonne un peu comme un regain d’intérêt de la part de la Serie A pour l’ex-coupe de l’UEFA (même si il n’y aura, bien entendu, pas autant de clubs présents en quarts de finale compte tenu de l’accroissement de la difficulté à ce stade de la compétition).

La première observation à faire est que la Serie A n’est aujourd’hui (mise à part la Juve qui a réussi à passer les poules cette année), plus convenablement (ou pas encore) armée qualitativement pour faire face à la Ligue des Champions, et se retrouve donc de ce fait, en masse en Ligue Europa (Roma 3ème de poule, et Napoli éliminé en barrages, ont été reversés dans la compétition).

Mais ce constat ne suffit pas, car les équipes mettent un peu plus de moyens sur le terrain pour franchir les tours et amasser les victoires.

L’indice UEFA

Cela devient un cheval de bataille en Italie désormais, car après avoir perdu la 4ème place qualificative pour le 3ème tour préliminaire de Ligue des Champions en 2011 au profit de l’Allemagne, le Portugal s’est beaucoup rapproché ces dernières saisons à la faveur justement de succès et de long parcours en Ligue Europa (l’année 2010/2011 avait permis au Portugal d’être le premier pays d’Europe en termes de performances européennes à l’indice UEFA grâce notamment à Braga, Porto et Benfica dans le dernier carré de la compétition et une finale 100% portugaise). Si les lusitaniens sont moins menaçants aujourd’hui parce qu’ils perdront le bénéfice de cette saison faste l’année prochaine, cela a permis de démontrer que les italiens ne devaient plus mépriser cette compétition pour conserver ses 3 places restantes pour la plus belle des compétitions.

Ce sacro-saint indice UEFA a également un classement au niveau des clubs eux-mêmes. L’Europa League qui rapporte tout juste moins de points pour cet indice que la Ligue des Champions représente une aubaine car la concurrence y est moins forte. Accumuler les points pour les clubs Italiens dans cette compétition permettra à ceux-ci de progresser au classement, donc, de ce fait, dans les chapeaux des tirages au sort afin d’avoir des adversaires plus favorables en poules de coupes d’Europe pour pouvoir progresser plus facilement au fil des années sans tomber d’entrée de jeu sur les plus gros mastodontes du continent.

Une vitrine inestimable

Aller loin dans cette coupe d’Europe, c’est d’abord, engranger des recettes supplémentaires au fil des tours (15 millions environ pour le FC Séville vainqueur en 2014). Même si on est loin des standards de la Ligue des Champions qui reverse à son vainqueur une moyenne de 55 à 60 millions d’euros, cela représente un revenu non négligeable qui peut permettre de faire de nouveaux investissements.

C’est aussi un excellent moyen de se faire une vitrine à l’extérieur du championnat national. Ainsi, tout cela peut enclencher un cercle financier vertueux permettant à la Serie A de mieux valoriser ses joueurs et donc mieux vendre à l’étranger. Si on augmente la valeur économique de ses joueurs, on attire plus facilement les investisseurs (bon nombre de clubs sont à vendre en Italie comme partout ailleurs), de nouveaux contrats de sponsoring et les droits TV, qui ont une importance capitale dans les budgets des clubs de la botte (généralement au moins 50%), aussi sont susceptibles d’être revus à la hausse. Enfin, des joueurs des championnats voisins peuvent être tentés, en voyant les performances européennes du championnat, de le rejoindre, et les clubs de Serie A qui ont des moyens supplémentaires, de pouvoir les attirer en proposant des conditions financières plus proches des championnats plus riches.

Outre le financier, être le plus longtemps possible en Ligue Europa, c’est permettre à ses joueurs d’acquérir de l’expérience supplémentaire en affrontant des adversaires différents et souvent plus forts que les équipes affrontées chaque week-end. Cette progression permet ainsi de faire grimper le niveau du championnat et aussi, pour les équipes, qui ne sont pas totalement désertées par les joueurs italiens, de faire progresser la sélection nationale par la suite.

Toutes ces motivations devraient être suffisantes pour que les clubs italiens perdurent dans leur intérêt à aller plus loin dans cette antichambre de la Ligue des Champions. Cependant, il faudra plus d’une bonne saison dans les compétitions continentales pour pourvoir constater un retour net du Calcio sur l’échiquier européen à travers tous les critères d’amélioration présentés.



Mots clés : SerieA

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