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Rédigé par Maxime Caze le Mardi 26 Mars 2013 à 18:52

Saint-Marin : Les plus grands losers de l'Europe


Vendredi dernier, l’Angleterre a signé le carton de la journée d’éliminatoires sur le continent européen. Avec huit buts inscrits à l’extérieur, cela aurait pu avoir un énorme impact et être un signal fort lancé par les anglais. Sauf que l’adversaire d’en face était Saint-Marin. Une équipe habituée à se prendre des roustes monumentales et contre qui tout le monde prend du plaisir à jouer, et aussi à gagner. Mais à Saint-Marin, on vit ça plutôt bien et c’est normal.



Saint-Marin : Les plus grands losers de l'Europe
Un peu de géographie…
Il faut tout d’abord situer Saint-Marin pour trouver des explications à ces résultats pas tellement folichons. Plus ancienne République du monde, cette nation existe depuis l’an 301. Un petit bout de temps quand même. Petit, c’est aussi un qualificatif plutôt juste pour qualifier le territoire saint-marinais. Avec seulement 61 km² de surface, c’est le cinquième plus petit pays du monde devant Monaco, le Vatican, la Nauru et Tuvalu… Mais à la différence de ces quatre derniers, Saint-Marin a son équipe de football. En même temps, ce petit Etat est enclavé dans la région d’Emilie-Romagne en Italie, un grand pays de football.
Voir que le football est le sport national malgré les résultats catastrophiques de la sélection n’est donc pas une surprise. Ce qui est un petit peu plus surprenant c’est de voir que Saint-Marin a intégré la FIFA en 1931. Pourtant leur premier match officiel date de l’année…1986 ! Face à l’équipe olympique du Canada, ils furent battu 1-0. Par la suite, les saint-marinais vont continuer à apprendre le job en participant à de petits tournois comme les jeux méditerranéens avant d’entrer dans le grand bain au début des années 1990.
Un bilan plus que moyen, pour être gentil


Pour les éliminatoires de l’euro 1992 suédois, Saint-Marin fait ses premières apparitions sur la scène internationale, au plus grand plaisir des autres nations européennes. Tombée dans un groupe plutôt relevé avec l’Ecosse, la Roumanie, la Suisse et la Bulgarie, ils vont perdre leurs huit matchs et concéder la bagatelle de 33 buts. Dur. Mais dans le même temps ils ont réussi à en mettre un sur leur pelouse face à la Roumanie le 27 mars 1991. Un but inscrit par Valdes Pasolini. Un attaquant totalement inconnu qui aura évolué dans le championnat local avec le Cosmos durant plus de vingt ans… Mais pour l’éternité, il pourra dire qu’il a été le premier joueur à marquer un but pour son pays. Et ça, ils ne sont pas beaucoup à pouvoir à le dire.
Mais depuis cette première campagne calamiteuse, les choses n’ont pas vraiment changées. Si l’on regarde de près l’histoire du football de Saint-Marin, même le club le plus nul qui squatte la dernière place de son district depuis des années peut enfin se permettre de faire des blagues sur les résultats d’une autre équipe. Il faut dire que depuis son entrée à la FIFA, la petite République enclavée dans l’Italie, à remporter…un seul match ! Oui, une victoire en 25 ans. Un bilan ridicule et difficilement défendable mais en même temps, Saint-Marin compte autant d’habitants qu’une ville comme Epinal, Cambrai ou Châtellerault. Forcément, ce n’est pas très avantageux…
Ainsi, les saint-marinais ont terminé toutes leurs campagnes de qualifications à la dernière place de leur groupe. Malgré tout, ils réussiront quelques exploits notables. Le 10 mars 1993, ils obtiennent le match nul 0-0 face à la Turquie avant d’aller chercher le nul 1-1 sur la pelouse de la Lettonie le 25 avril 2001. Ca fait donc deux matchs nuls pour plus de 50 défaites ! Moche. En amical, c’est mieux. Jouant face à des adversaires d’une qualité similaire, ils ont ainsi obtenu la seule victoire de leur histoire face au Liechtenstein le 28 avril 2004. Un résultat historique qui confirmait un match nul obtenu moins d’un an plus tôt face à la même nation. C’était le bon temps…
206ème nation au classement FIFA et défaites hémorragiques

Ainsi, depuis cette victoire face au Liechtenstein, Saint-Marin n’a plus obtenu un seul résultat positif. Un enchainement monstrueux de neuf années de défaites qui continue encore aujourd’hui. Alors évidemment, dans le classement FIFA, ce n’est pas la joie non plus. Ils occupent actuellement la 206ème place du classement sur…207 ! Avec 0 points, ils se partagent la dernière place avec le Bhoutan et les Turks and Caicos. Un casting pas vraiment sexy mais qui est quand même mérité. Incapables de ne pas perdre contre Malte ou le Liechtenstein ces deux dernières années en amical, Saint-Marin est aujourd’hui le punching-ball préféré de toutes les grandes nations européennes. Si les anglais en ont mis huit vendredi dernier, d’autres ont fait beaucoup mieux. En 2011, les Pays-Bas en plantent 11, deux ans plus tôt, c’est la Pologne qui en met 10 et explose son record de buts inscrits en un seul match. La Norvège et la Belgique avaient eux aussi réussi la passe de 10 dans les années 1990. Mais le pire reste évidemment ce 6 septembre 2006. Pour la première journée de qualification du groupe D en vue de l’Euro en Suisse et Autriche, l’Allemagne se déplace dans la petite République. Cela va tourner au carnage. A la mi-temps, le score est déjà de 0-6. Au final, ça fera…0-13 ! Côté allemand, on n’a aucune pitié. Podolski s’offre un quadruplé, Hitzlsperger, Schweinsteiger et Klose s’offrent un doublé, Friedrich, Ballack et Schneider s’en contentent d’un. Cette rouste mémorable est la plus large concédée par Saint-Marin...Mais heureusement, quelques rares satisfactions sortent du lot pour éclaircir un peu tout cela.
San Marino Calcio et Massimo Bonini
Saint-Marin peut donc se vanter d’avoir deux belles réussites. Si le championnat est d’un niveau exécrable avec un champion qui est habitué à se faire sortir au premier tour préliminaire de la Ligue des Champions, Ils possèdent avec le San Marino Calcio un bon club. Mais comme son nom l’indique, il évolue en Italie et plus précisément en Série C1, la D3 locale. Plutôt pas mal.

Mais la grande réussite de la petite république porte un nom : Massimo Bonini. Solide milieu défensif, il fera parti de la Juventus durant sept ans entre 1981 et 1988 et aura donc évolué aux côtés de Platini, Boniek, Laudrup ou encore Rossi. Indispensable à cette équipe, il remportera notamment une Coupe d’Europe des Clubs Champions et trois championnats d’Italie. Evidemment, cela en fait le saint-marinais le plus titré de l’histoire. Mais aussi l’un des plus attaché à sa patrie. International espoirs italien, il a eu l’occasion d’intégrer la squadra azzura. Mais alors que Saint-Marin n’avait toujours pas de sélection nationale, il refusa. Finalement en 1990 alors qu’il évolue à Bologne, il portera enfin le maillot de son pays à 31 ans pour son plus grand bonheur. Aujourd’hui, il est certainement le plus grand sportif de l’histoire de son pays. Et cela pour longtemps encore surement…
Mais s’il semble difficile de voir comment cette nation pourrait améliorer ces résultats, on accepte son sort côté Saint-Marin. En même temps, tous les joueurs qui composent cette sélection sont des amateurs ou des inconnus pour qui avoir l’occasion de porter le maillot de l’équipe nationale face à des grandes équipes comme l’Allemagne, l’Angleterre ou même la Pologne est un privilège.

Par Maxime Caze



Mots clés : San Marin

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