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Rédigé par Maxime Caze le Mercredi 20 Mars 2013 à 17:09

Top 10 des surprises en Coupe d'Europe (1/2)


Calais, Quevilly, Carquefou, Montceau… Tous ont réussi à s’inviter dans le haut panier du football français en enchaînant les exploits. Pour certains, le rêve s’est arrêté en finale, pour d’autres en demis. Sur la scène européenne, c’est pareil. Des équipes inconnues dont l’adversaire se demandait toujours au tirage combien de buts il allait mettre avant de se faire finalement tabasser par le petit poucet. Voici le Top 10 des exploits en Coupe d’Europe avec des équipes qui auront été la mauvaise blague pour les grosses écuries européennes pendant une saison. Jamais plus, faut pas trop déconner non plus…



SC Bastia (1977-1978, C3, Finaliste)


C’est certainement la plus belle aventure européenne de l’histoire du football français, n’en déplaise aux supporters marseillais, bordelais ou monégasques. Car c’est la plus inattendue et la plus folle de toutes. Après avoir réalisé un super championnat et terminé troisième avec la meilleure attaque en 1977, Bastia se qualifie pour la Coupe UEFA. Cinq ans après sa première participation éclair (éliminé dès le premier tour), le club insulaire retrouve le vieux continent pour la deuxième fois avec beaucoup d’appétit. Il faut dire que l’équipe a de la gueule. Avec Orlanducci pour gérer la défense, le trio de milieu tout terrain Lacuesta-Papi-Larios et devant les flèches Mariot, Félix, et surtout Johnny Rep. L’ailier néerlandais, futur stéphanois, était évidemment la star de son équipe, lui qui avait été piégé lors de sa signature. Les dirigeants bastiais l’avaient séduit en l’emmenant dans les endroits paradisiaques de l’île et lui éviter de voir le stade Furiani, pas forcément très glamour.

Ce qui est sur c’est que cette équipe aborde la compétition en toute décontraction, sans ambitions particulières. Et la recette va marcher. Pourtant le tirage n’est pas clément. Dès le premier tour, les corses doivent se taper le Sporting Lisbonne. Pas le plus facile. Au final, ils remportent les deux matchs et passent cinq buts à leur adversaire. Propre. La suite sera pareille. Les corses l’emportent dans les deux matchs, et leurs adversaires sortent terrorisés des rencontres à Furiani. Terrorisés par la pelouse, le stade en lui-même et surtout les supporters dont certains n’hésitaient pas à célébrer des buts en tirant avec leur revolver dans les airs ! Newcastle, le Torino et Carl Zeiss Iena prendront la foudre en pleine poire. Sur ces huit rencontres, les corses ont inscrit 24 buts !

En demi-finale, ce sont les suisses du Grasshopper Zurich qui se présentent. Les hommes du mythique coach Cahuzac sont battus 3-2 à Zurich. Au retour, le match est fermé et c’est Claude Papi, un homme qui a fait toute sa carrière au Sporting, qui inscrit le seul but de la rencontre, un but qui qualifie Bastia en finale. Si après le match aller les corses conservent toutes leurs chances de victoire après un match nul 0-0 à Furiani, ils se prendront une tôle 3-0 au retour, à Eindhoven. Une claque qui met un terme au rêve mais qui a fait rentrer cette équipe dans la légende pour toujours car des aventures comme ça, il n’ya qu’en Corse qu’on peut en avoir une.


Deportivo Alavès (2000-2001, C3, Finaliste)

Le début du nouveau millénaire sera un conte de fée pour le club basé à Vitoria, dans le pays basque espagnol. Après être monté en Liga en 1998, le Deportivo termine à une belle 6ème place en championnat deux ans plus tard, la meilleure de son histoire, et s’offre le luxe de participer à cette Coupe UEFA. C’est la première fois que cette équipe obtient une qualification pour participer à une compétition continentale, mais on ne s’attend pas à grand-chose côté basque. L’équipe est composée en grandes majorités d’inconnues à une exception près : Cruyff. Oui, le fils de Johan en personne qui après quelques années fantomatiques à Manchester United va se retrouver au nord de l’Espagne pour relancer sa carrière et effectuer un parcours de rêve durant une saison.

Epaulé par le jeune Javi Moreno en attaque, le néerlandais et son Deportivo vont ravager l’Europe en faisant le spectacle. Au premier tour, après un triste 0-0 concédé à domicile face aux turcs de Gaziantepspor, les espagnols iront chercher leur qualification en l’emportant sur le score spectaculaire de 4-3, avec notamment un doublé du milieu de terrain serbe prêté par la Roma, Ivan Tomic. Les deux tours suivants seront légèrement plus faciles. Dans les deux cas, ils tombent contre un club norvégien, Lilleström puis Rosenborg. Après avoir passé respectivement cinq et quatre buts à chacune de ces équipes, on se dit que c’est la fin pour les basques. Pour les huitièmes de finale, ils se retrouvent face à l’Inter Milan de Sükür, Vieri, Recoba, Seedorf, Blanc et compagnie. Mais les espagnols vont créer l’exploit après un scenario à rebondissements. Mené 3-1 à domicile au match aller, ils vont arracher le nul 3-3 grâce à Tellez et Ivan Alonso avant d’aller l’emporter 2-0 sur la pelouse de San Siro !

Après cet exploit retentissant, les potes de Cruyff vont continuer sur leur lancée en sortant leurs compatriotes du Rayo Vallecano avant de laminer le grand Kaiserslautern d’Otto Rehagel, champion d’Allemagne deux ans plus tôt. Après une victoire 5-1 à domicile au match aller, la furia basque va déferler sur le club rhénan avec pour conclusion une défaite légèrement moins lourde : 4-1. Ce qui reste quand même une sévère sanction. Le rêve continue et on retrouve donc le petit poucet espagnol le 16 mai 2001 au Signal Iduna Park pour disputer une finale de Coupe UEFA. Mais en face d’eux se profile le Liverpool du futur ballon d’or, Michael Owen. Alavès va perdre, mais dans un match de folie. Mené 2-0, 3-1 puis 4-3, les basques trouvent à chaque fois les ressources pour recoller aux reds. A deux minutes de la fin de la rencontre, Cruyff arrache les prolongations sur le score hallucinant de 4-4. Mais malheureusement, à deux minutes de la fin des prolongations, Geli se met un but contre son camp et permet aux anglais de soulever le trophée. Un cruel dénouement même si les espagnols peuvent garder la tête haute après ce parcours.

APOEL Nicosie (2011-2012, C1, Quart de Finaliste)

C’est la dernière grosse sensation en date et cela s’est passé la saison passée. Alors que le siècle dernier, les clubs chypriotes étaient les souffre-douleur de l’Europe avec notamment une défaite record de l’APOEL Nicosie en 1963 face au Sporting Lisbonne sur le score effroyable de 16-1, les temps ont changé. Après Famagouste et l’APOEL une première fois, le club de la capitale atteint les poules de la Ligue des Champions après avoir sorti les sombres albanais de Körçe, les slovaques du Slovan Bratislava et les polonais du Wisla Cracovie. Rien d’insurmontable donc mais le tirage au sort des poules accouche d’une poule ultra homogène et très compliquée avec Porto, Donetsk et Saint-Petersbourg. Sauf que l’improbable va se produire.

Derrière son excellent attaquant brésilien Ailton, les chypriotes vont faire plus que de la résistance. Sans être spectaculaires, les joueurs de Nicosie sont efficaces. Deux succès contre le Zenit et Porto, trois matchs nuls et une défaite plus tard, ils terminent avec neuf points et s’offrent le luxe de prendre la première place de la poule, laissant sur le carreau les portugais et les ukrainiens. Un exploit retentissant pour un nain du football européen. Avec une dizaine de millions d’euros, ce club a un budget de club de milieu de tableau de Ligue 2 ! Acheté au FC Copenhague 800 000€, Ailton est quant à lui le transfert le plus cher de l’histoire du football chypriote. Des chiffres ridicules face aux 145 millions de budget lyonnais et les 24 millions dépensés pour Lisandro Lopez, futurs adversaires. Et pourtant, l’improbable va se passer.

Solide à Gerland, le club très cosmopolite (11 nationalités différentes) résiste et ne cède qu’une fois sur une frappe de Lacazette. Avec cette très courte défaite 1-0, l’exploit est à portée même si cela semble compliqué. Mais au retour, c’est la folie. Dans un stade bondé et surchauffé, les locaux étouffent le club français et parviennent à prendre l’avantage après seulement neuf minutes de jeu grâce au brésilien Manduca. Il n’y aura ensuite plus aucun but, les deux défenses tenant bon. C’est donc les tirs aux buts qui décideront du vainqueur. Et à ce jeu-là où le mental fait le plus la différence, les chypriotes, plus détendus, vont l’emporter 4-3 face à des lyonnais crispés. L’histoire est en marche.

Mais en quarts de finale, le niveau sera beaucoup trop élevé. Les modestes chypriotes s’apprêtent à se faire manger par l’ogre Real Madrid. Cette fois, il n’y aura pas de miracle. Dès le match aller, la messe est dite : 0-3. Le match retour se jouera donc sans pression et les chypriotes pourront dire qu’ils auront mis deux buts à Santiago Bernabeu. Bon, dans le même temps ils s’en sont pris cinq autres par la bande à Cristiano mais ça, ils s’en tapent certainement aujourd’hui.

Widzew Lodz (1982-1983, C1, Demi-finaliste)

Dans les années 1970 et au début de années 1980, le football polonais connait son âge d’or. Avec notamment les phénomènes Grzegorz Lato et Zbigniew Boniek en figure de proue. Troisième de la Coupe du Monde 1974, la Pologne réédite cet exploit en 1982. L’année suivante, on entendra encore parler du pays de Jean-Paul II, mais avec étonnement en Ligue des Champions cette fois. S’appuyant sur un effectif 100% polonais et des joueurs ayant participé à l’épopée avec la sélection nationale comme le gardien Mlynarczyk, le solide défenseur Wojcicki et l’attaquant Wlodzimierz Smolarek, le Widzew Lodz va surprendre l’Europe.

Après un tour d’échauffement face aux maltais des Hibernians, le club au nom imprononçable rentre dans le vif du sujet dès le Deuxième Tour face au Rapid Vienne d’Antonin Panenka. Une confrontation équilibrée sur le papier et cela se confirme sur le terrain. Le Widzew Lodz perd 2-1 au match aller en Autriche mais va montrer ses qualités en se qualifiant au retour sur le score de 5-3 avec deux buts du milieu de terrain Wozniak, l’un des hommes clés de la réussite du club polonais. Mais c’est vraiment au tour suivant que ça va se compliquer. En effet, c’est Liverpool qui se retrouve sur la route des coéquipiers de Smolarek. Et à cette époque, les reds sont tout sauf des peintres. Champion d’Europe deux ans auparavant, les anglais vont pourtant se faire piéger en Pologne. Battus 2-0 à l’aller, ils ne s’en remettront pas. Le club polonais gère et parvient à mener 2-1 à Anfield ! Ian Rush et David Hodgson sauveront l’honneur pour remporter le match, mais le mal est déjà fait. Les scousers sont éliminés mais se rattraperont la saison suivante en remportant l’épreuve, le club basé à Lodz est lui qualifié.

Après avoir tapé Liverpool, le Widzew Lodz commence à être pris au sérieux et se prend un autre gros morceau en demi-finale : la Juventus de Turin. La vieille dame possède cette année là l’une des meilleures équipes de son histoire avec Zoff, Gentile, Tardini, Rossi, Platini et…Boniek. L’idole du pays retourne en Pologne pour affronter ses compatriotes, et les battre. Défaits 2-0 en Italie, les polonais vont se battre au retour mais un but tôt dans le match de Paolo Rossi condamne les polonais. Ces derniers parviendront à arracher le match nul en fin de match pour clôturer ce parcours unique dans l’histoire du football polonais. Aujourd’hui, ce club est rentré dans le rang au niveau national et n’a retrouvé l’élite qu’en 2010 après plusieurs années à l’échelon inférieur. La nostalgie de ces grandes soirées européennes doit être présente chez les supporters polonais qui ne connaissent plus cela aujourd’hui.

Nottingham Forest (1978-1979, C1, Vainqueur)

A la fin des années 1970, une tornade rouge venue tout droit de la forêt de Sherwood va frapper l’Angleterre puis l’Europe sans prévenir. Promu en D1 en 1977, Nottingham Forest va devenir champion d’Angleterre dans la foulée devant le grand Liverpool. Les hommes du fantasque entraineur Brian Clough vont donc en 1979 frapper un grand coup sur l’Europe. Avec l’excellent Peter Shilton dans les bois, Clark et Lloyd en meneurs de défense, les deux aboyeurs écossais McGovern et Gemmill au milieu de terrain, Francis et Birtles en attaque pour empiler, le club favori de Robin des Bois a des arguments à faire valoir. Sauf que pour le premier tour, le tirage est dur. Très dur. En face d’eux, ils retrouvent Liverpool. Champion d’Europe en titre, le club de la Mersey doit sa participation à ce statut. En championnat, ils n’avaient terminés que deuxièmes, derrière…Nottingham.

Un Premier tour compliqué sur le papier mais pas sur le terrain. Dans leur antre du City Ground, les hommes de Clough en mettent deux aux reds et préservent le score nul et vierge au retour. Une qualification propre et marquante qui ne souffre d’aucune contestation. Après s’être fait les scousers, Nottingham va ensuite effectuer deux véritables démonstrations. Ce sont d’abord les grecs de l’AEK Athènes, puis les suisses du Grasshopper Zurich qui vont prendre cher. Vraiment. L’AEK prendra sept buts et le Grasshoppers fera mieux en en prenant « seulement » cinq. A chaque fois, les anglais se régalent et commencent à être pris au sérieux.

En Demi-finale, la tâche est toutefois plus ardue. A cette époque, l’Allemagne domine avec l’Angleterre le football européen grâce notamment au Bayern Munich et au Borussia Mönchengladbach. Tombé contre Cologne n’est donc pas un cadeau. Après un match de folie au City Groud conclu sur le score de 3-3, les chances anglaises sont minces. Mais cela n’effraie pas la bande à Clough qui va chercher sa qualification en finale sur un but de Bowyer. Le plus dur est fait. Pour la finale dans l’Olympiastadion de Munich, l’adversaire de Forest est Malmö. Champion de Suède, les scandinaves se retrouvent eux aussi comme par hasard au sommet de l’Europe à la surprise générale pour ce qui donnera l’une des finales les plus insolites de l’histoire. Au bout de 90 minutes et après un but de Trevor Francis, Nottingham devient champion d’Europe au nez et à la barbe des cadors du continent. L’année suivante, les potes de Robin des Bois rééditeront la même performance. Une prouesse que seul le Milan AC d’Arigo Sacchi a réussi à réaliser depuis. Respect.



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