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Rédigé par Maxime Caze le Vendredi 22 Mars 2013 à 13:29

Top 10 des surprises en Coupe d'Europe (2/2)


Calais, Quevilly, Carquefou, Montceau… Tous ont réussi à s’inviter dans le haut panier du football français en enchainant les exploits. Pour certains, le rêve s’est arrêté en finale, pour d’autres en demis. Sur la scène européenne, c’est pareil. Des équipes inconnues dont l’adversaire se demandait toujours au tirage combien de buts il allait mettre avant de se faire finalement tabasser par le petit poucet. Voici le Top 10 des exploits en Coupe d’Europe avec des équipes qui auront été la mauvaise blague pour les grosses écuries européennes pendant une saison. Jamais plus, faut pas trop déconner non plus…



Top 10 des surprises en Coupe d'Europe (2/2)
Videoton (1984-1985, C3, Finaliste)
Au beau milieu des années 1980, l’Europe du football va découvrir Székesfehérvàr. Une ville hongroise au nom barbare qui va en coucher plus d’un sur son passage et se frayer un chemin jusqu’en finale de la coupe de l’UEFA avec son club, le Videoton FC. Avec un palmarès vierge de tout titre, le petit club hongrois s’apprête à disputer sa deuxième coupe de l’UEFA, dix ans après avoir connu une première participation éclair avec une élimination dès le premier tour par le Napoli. Mais cette fois-ci, cela ne va pas se passer comme ça.
Avec son effectif 100% hongrois, bloc de l’est oblige, le Videoton est l’un des petits poucets de la compétition et n’a pas de véritables ambitions. Il faut dire que même en Hongrie, le club n’a rien gagné, même pas une petite coupe. Alors l’UEFA, faut pas trop rêver non plus. Pourtant, l’équipe emmenée par Ferenc Kovacs va se frayer un chemin dans l’histoire. Après un premier tour passé dans la difficulté face au Dukla Prague, les hongrois se retrouvent face au…Paris Saint-Germain. Avec Bathenay,Rocheteau, Fernandez ou encore Susic, ce PSG là a de la gueule. Pourtant, le petit club provincial hongrois va rester comme l’un des pires souvenirs parisiens. Au Parc des princes, les PSG se fait laminer. Après 73 minutes de jeu, les français sont KO après les deux coups portés par Szabo, puis par Csongradi. Le tableau d’affichage fait mal : PSG 0 Videoton 4. Ouais, même très mal. Rocheteau permet aux parisiens de sauver le peu d’honneur qui reste en inscrivant un doublé mais le mal est déjà fait. Au retour, les parisiens s’inclineront 1-0…
Pour se rassurer, ils pourront jeter un coup d’œil au prochain adversaire des hongrois, le Partizan Belgrade. Les yougoslaves se prennent une « manita » (5-0) sévère au match aller qui plombe leurs chances malgré une victoire 2-0 au retour. La belle aventure continue avec une montagne en quarts de finale : Manchester United. Et alors ? Après une défaite 1-0 à Old Trafford, les hongrois l’emportent sur le même score au match retour et emmènent les red devils aux tirs aux buts. Au final, les hommes de Székesfehérvàr éliminent les mancuniens dans cette épreuve. Un nouvel exploit qui leur permet de se retrouver face à une autre équipe pas forcément attendue, le Zeljzenicar Sarajevo. La encore, le Videoton fait le taff à domicile avec une victoire 3-1 avant d’assurer le coup à l’extérieur malgré une défaite. La Hongrie est en fusion, en finale est le Videoton.
Mais la dernière marche est dure, très dure à gravir. En face, c’est le Real Madrid de Butragueno. Le match aller se déroule devant les 30 000 spectateurs du Sostoi Stadium, une enceinte où le Videoton a remporté tous ses matchs. Mais le rêve va vite prendre fin. Michel, Santillana et Valdano font redescendre sur terre le peuple hongrois : 0-3. Malgré la lourde défaite, le Videoton va montrer qu’il a du cœur. Pour le match retour de la finale au Santiago Bernabeù, Lajos Majer va marquer l’unique but de la rencontre et permettre à son équipe de s’offrir une victoire pour l’éternit. Le trophée n’est pas là, mais la marque indélébile dans l’histoire est elle bien présente.



Wolverhampton Wanderers (1971-1972, C3, Finaliste)

En 1972, les loups de Wolverhampton avaient de l’appétit et l’ont montré en coupe de l’UEFA. Après avoir obtenu une belle 4ème place la saison précédente en championnat, les wolves ont gagné cet accessit européen pour la toute première C3 de l’histoire. Une dizaine d’années après avoir connu la gloire (3 titres de champion d’Angleterre entre 1954 et 1959), le club se reprend à rêver de grandeur avec une équipe emmenée par Derek Dougan ou encore Frank Munro. Mais cette saison-là, cela va dépasser toutes les espérances.
Pourtant, en bénéficiant d’un tirage pas vraiment compliqué, les anglais se retrouvent rapidement en quarts de finale face à la Juventus. Avant ça, ils ont pris le soin de planter sept pions à l’Académie Coimbra et à La Haye avant de faire avec plus de délicatesse en huitièmes en en mettant « seulement » quatre face au Carl Zeiss Jena. Mais ça se complique fortement face aux ritals. Comme à son habitude, la Juve présente une équipe cinq étoiles avec Fabio Capello, Roberto Bettega ou Adrian Novellini pour ne citer qu’eux. Mais contrairement à ce à quoi l’on pouvait s’attendre, Wolverhampton résiste bien lors du match aller en Italie et rapporte un bon 1-1. Deux semaines plus tard, les wolves réalisent l’exploit en l’emportant 2-1 sur sa pelouse de Molineux ! La grande Juventus est éliminée, les bourrins de Wolverhampton sont aux anges. Dans les travées, le club anglais bénéficie aussi d’un soutien de poids. En effet, Robert Plant himself est un grand fan des Wanderers et assiste à la plupart des rencontres à Molineux ! « Your time is gonna come » doit-il penser…
Mais si la demi finale est passée, dans la douleur, face aux hongrois de Ferencvaros, ils s’écrouleront à la dernière marche. Dans un duel 100% british face aux londoniens de Tottenham, les loups ne parviendront pas à concrétiser. Défait à domicile sur le score de 2-1, le retard ne sera pas comblé malgré une elle prestation. Ils obtiennent seulement un match nul 1-1. Pas assez pour rapporter la coupe à Wolverhampton. Dommage, surtout que leurs quatre participations suivantes dans les 70’s se concluront toutes par des échecs cuisants dès le premier ou le deuxième tour. Aujourd’hui en Championship, cet exploit est maintenant bien loin mais vit toujours dans les travées de Molineux.

Sporting Braga (2010-2011, C3, Finaliste)

Au Portugal, on est habitué au trio Porto-Benfica-Sporting Lisbonne. Sauf qu’il y a à peine deux ans de ça, le Sporting Braa a décidé de rentrer dans la danse en frappant un grand coup sur l’Europe. Troisième la Liga Sagres la saison précédente, les portugais accèdent au 3ème tour préliminaire de la Ligue des Champions. Déjà à partir de là, on aurait dû se douter que cette équipe allait être dangereuse. Les portugais se font tout d’abord le Celtic Glasgow mais surtout, ils sortent le FC Seville en tour de barrages qui suit au terme d’un match retour de folie remporté sur le score de 4-3 avec un triplé de Lima. Le brésilien sera d’ailleurs l’homme de base du périple portugais. Au côté d’une colonie brésilienne énorme (16 !) avec Matheus, Alan et Paulao en autres leaders, ainsi que la révélation Custodio et l’expérimenté Hugo Viana, le coach portugai Domingos a concocté un mélange explosif.
En phase de poules de la Ligue des Champions, ils passent près de l’exploit. Après s’être fait corriger par le Chaktior Donetsk (0-3) et surtout par Arsenal (0-6 !), le Sporting se reprend en main en enchainant deux victoires sur le Partizan Belgrade puis une autre sur Arsenal ! Le match décisif pour la qualification se joue donc en Ukraine, à Donetsk. Malgré une grosse résistance, Rat et Luiz Adriano crucifieront les portugais. Dommage, mais l’aventure européenne ne fait que commencer. En effet, ils terminent à la 3ème place de leur groupe et sont donc reversés en seizièmes de finale de l’Europa League en tant que tête de série. Le premier adversaire est le Lech Poznan. Pas un cador mais le match aller en Pologne se conclue sur une défaite 1-0. Mais bon, pas de soucis. Au retour, les brésiliens Alan et Lima remettent les pendules à l’heure et offrent la victoire et la qualification.
Au tour suivant, les choses se compliquent. En face du club portugais, c’est Liverpool. Cette confrontation va montrer le danger qu’est Braga. Avec un bloc défensif hermétique et une solidité sans faille, Braga est une forteresse imprenable. Les reds n’arriveront pas à mettre un seul but en 180 minutes. Un penalty d’Alan au match aller suffit donc à Braga pour marquer son territoire et passer. En quarts, c’est le même schéma. Confrontés aux ukrainiens du Dynamo Kiev, ils obtiennent un match nul 1-1 à l’extérieur. Au retour à domicile, les ukrainiens vont être impuissants comme Liverpool auparavant. Le match se termine encore sur un 0-0 et Braga passe en demis. Les portugais ne sont pas spectaculaires mais font preuve d’une redoutable efficacité. La prochaine équipe qui va le comprendre est bien connue des joueurs de Braga puisqu’il s’agit du Benfica.
Dans ce duel 100% portugais, la rencontre est serrée. Le match à Benfica se conclue sur un 2-1 pour les locaux. Grâce au but inscrit par Vandinho, Braga peut y croire mais contrairement aux tours précédents, un 0-0 ne suffira pas pour passer. Il faudra marquer au moins un but. Chose qui sera faite assez rapidement puisqu’après seulement 19 minutes de jeu, Custodio place un coup de boule gagnant. Ensuite, Braga va faire du Braga. Benfica n’arrivera pas à marquer et sera éliminé par le but à l’extérieur concédé au match aller. Le Sporting est donc en finale et retrouve Porto pour un nouveau duel 100% portugais à l’AVIVA Stadium de Dublin. Mais durant cette finale, la magie n’opérera plus. Le bloc tiendra presqu’une mi-temps avant qu’un coup de tête magique de Falcao permette aux dragons de mener 1-0. Ce sera le score final. Malgré la cruelle défaite, ce parcours aura au moins eu le mérite de faire de Braga le numéro trois du football portugais depuis, derrière Benfica et Porto. Ce qui est un autre exploit.

Malmö FF (1978-1979, C1, Finaliste)

L’édition 1978-1979 de la Coupe d’Europe des Clubs Champions fut l’une des plus étonnantes de l’histoire. Son casting fut l’un des moins prestigieux et comme vu précédemment, Nottingham Forest en a profité pour remporter l’épreuve. En face d’eux, pour la finale, il y avait le Malmö FF ! Si la sélection nationale suédoise est réputée, le niveau de ses clubs l’est beaucoup moins. C’est le cas de Malmö, qui malgré sa domination sur le football suédois dans les années 1970, est loin d’être un épouvantail. Mais les vikings vont montrer qu’ils sont loin d’être de simples faire-valoir.
Les premiers à en faire les frais seront les monégasques. Après avoir obtenu un 0-0 en Suède, Monaco aborde le match retour en position de force. Mais au final, ils se prennent 1-0 dans leur stade Louis II et sortent par la petite porte. En face, les suédois réalisent un bel exploit face à la bande à Delio Onnis. Avec leur effectif composé en intégralité de joueurs du pays, comme la plupart des clubs européens, les suédois vont s’en sortir grâce à leur cœur et leur envie. Le tour suivant est lui aussi très compliqué puisqu’il s’agit du grand Dynamo Kiev du génie Valery Lobanovski. Mais ça, les vikings s’en tapent. Après un 0-0 à l’aller, ils l’emportent proprement 2-0 sur leur pelouse au retour.
Sous les ordres de l’anglais Bob Houghton, âgé de seulement 31 ans ( !), les suédois déferlent sur l’Europe. En quarts et en demis, face à d’autres outsiders, ils se montrent les plus forts. Tour à tour, les polonais du Wisla Cracovie et les autrichiens du Rapid Vienne cèdent face à la force collective suédoise. Malmö se retrouve donc à l’Olympiastadion de Munich pour défier le Nottingham Forest de Clough dans la finale la plus surprenante de l’histoire. Mais comme on le sait, ce duel de petits sera remporté par les british. Comme consolation, les suédois profiteront du désistement de Nottingham pour disputer la Coupe Intercontinentale face aux paraguayens de l’Olimpia. Un beau périple en Amérique du Sud qui se conclura là encore par une défaite. So bad…

Tenerife (1996-1997, C3, Demi-finaliste)

Dans les années 1990, Tenerife connait des années fastes qui vont lui permettre de se hisser en Coupe de l’UEFA. La première fois, cela se terminera en huitièmes de finale après une élimination par la Juventus en 1994. Mais pour la saison 1996-1997, les insulaires vont faire beaucoup mieux. Après avoir obtenu une bien belle 5ème place en Liga, ils ont donc gagné à la loyale leur ticket européen. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils vont en faire bon usage. Rien qu’avec la légende allemande Jupp Heynckes sur le banc, ça en jette. Avec des joueurs comme Pinilla, Ballesteros, Juanele ou Ojeda, cette équipe n’a pas de stars mais ne manque pas de qualité. En plus, le coach allemand a aussi ramener dans ses valises un joueur que l’Europe va apprendre à connaitre quelques années plus tard avec le Bayer Leverkusen, un certain Oliver Neuville.
Cette équipe est donc parée pour aller disputer les joutes européennes. Après un tour de chauffe pas vraiment simple face au Maccabi Tel-Aviv, les espagnols rentrent dans le vif du sujet dès les seizièmes de finale en tombant sur la Lazio de Signori, Nesta et Nedved. Après une défaite 1-0 en Italie, les insulaires se font piéger en début de rencontre par un but de Nedved sur leur pelouse. Il faut désormais marquer trois buts. Un but contre son camp de Nesta et un de Kodro plus tard, Tenerife n’est plus qu’à un but de son objectif. Sauf que la Lazio égalise par Fuser. Le même scénario se produit dans la foulée : but de Juanele pour Tenerife, égalisation de Casiraghi pour la Lazio. Ca fait 3-3 en 45 minutes. Et ce n’est pas fini. Jokanovic redonne espoir aux siens avant que Juanele plante un cinquième but décisif. Avec une victoire sur le score hallucinant de 5-3 ( !), Tenerife sort la Lazio et s’offre un premier bel exploit européen. Le tour suivant sera du même acabit.
Opposés au Feyenoord Rotterdam de Koeman, Van Bronchorst et Larsson, les espagnols tiennent le 0-0 à domicile. Au retour, ils vont mettre une claque terrible aux néerlandais. Après 80 minutes de jeu, il y a 4-0 ! Sanchez et Vos sauveront l’honneur pour le Feyenoord mais l’essentiel est ailleurs. Tenerife sort encore une fois un outsider potentiel à la victoire finale. En quarts de finale, ils retrouvent une autre surprise : le Bröndby IF. Face aux danois, le club espagnol se fait surprendre à domicile et s’incline 1-0 sur une réalisation du futur joueur de Schalke, Ebbe Sand. Mais au Bröndby Stadium, les espagnols vont une nouvelle fois s’en sortir. Pinilla permet à son équipe d’arracher la prolongation. Et alors qu’on se dirige tout droit vers les tirs aux buts, Mata transforme un coup franc aux 18 mètres d’un amour de plat du pied et envoie son équipe en demis à la 119ème minute. Les Canaries sont en furie.
Le nouvel adversaire du club espagnol se nomme Schalke 04. Les allemands ont fait de cette compétition un véritable objectif et sont totalement concentrés. Pourtant, les match aller va être un véritable cauchemar pour eux. Tenerife prend l’avantage grâce à un penalty de Felipe Minambres. La suite ? Dorado puis le gardien Ojeda se font exclure. Ce dernier provoque au passage un penalty qui sera manqué par les allemands. A 11 contre 9, ces derniers ne parviendront pas à faire la différence. Mais dans leur Veltins Arena, ils la feront au retour. Linke offrela prolongation à son équipe avant que le futur bordelais Marc Wilmots n’offre la qualification aux siens. Côté espagnol, c’est la déception évidemment, mais ils peuvent quitter la compétition la tête haute après avoir réaliser une campagne de haute volée. Seize ans plus tard, le club des Canaries est englué en troisième division espagnole. Le rêve européen est bien loin…

Par Maxime Caze



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