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Rédigé par Ghislain Corréa le Samedi 16 Février 2013 à 11:12

Tottenham - OL


Certes, je m'ennuie, mais j'avais surtout envie de partager quelques écrits sur le match que j'ai vu ce jeudi soir.Non pas qu'il soit plus exceptionnel qu'un autre. Ni vraiment plus important. J'ai juste envie de me la jouer sérieux comme si j'écrivais dans un canard qui se vend. Cher. En espérant que ça finisse par arriver d'ailleurs...



Tottenham - OL
Alors que l’emballage annonce un 16e de finale d’Europa League, tous ceux qui reçoivent la TNT savent qu’ils ont assisté à un vrai grand match de Coupe d’Europe, avec son lot de grands joueurs, d’engagement, de rythme et de buts complétement fous. Un cocktail explosif qui se résume à une sombre histoire de pieds gauches, tout compte fait.



Le premier appartient au gallois Gareth Bale. Ce dernier, dans une forme olympique en Premier League, a fait le choix de ne jouer que 10 minutes sur l’ensemble de la rencontre. Cinq dans chaque période, et deux buts à la clé. Bah ouais c’est jeudi, y’a école demain.



Au terme d’une première période relativement maitrisée par les Spurs, jouée sur un rythme et avec une qualité technique au-dessus de la moyenne, les deux équipes s’apprêtent à rejoindre les vestiaires sur un score nul et vierge. Mais alors que le temps additionnel est déjà bien entamé et que toute la tribune est descendue commander son panini et sa bière, les Lyonnais concèdent un coup franc à 30 mètres de leur cage. Gonalons proteste, mais on sent vite la peur prendre le pas sur la colère du jeune milieu des Gones.

En effet, Gareth Bale place le ballon, se concentre et prend son élan. Une poignée de minutes auparavant, il avait pourtant réussi à louper le but le plus facile de sa jeune carrière, en oubliant de cadrer sa reprise alors que le but, vide, se dressait face à lui comme un travelo bulgare en fin de soirée. Après ce cuisant échec dans un match aussi important, certains auraient baissé la tête, rentré les épaules et couru se réfugier au vestiaire. Bale, lui, bombe le torse, se place fièrement face au ballon, et défie à distance Remy Vercoutre par-delà son mur. Inutile de vous préciser qui a remporté le duel. Petit filet, 1-0, mi-temps, merci.


Au retour des vestiaires, Tottenham tente de réguler le rythme du match, mais ce sont les joueurs de Remi Garde qui rentrent le mieux dans ce second acte, poussés par les 1500 Lyonnais qui ont fait le déplacement outre-Manche. Pressing haut, séances de conservation de balle, puis à l’heure de jeu le débordement de Steed Malbranque sur l’aile droite. Le milieu lyonnais est à White Hart Lane comme dans son jardin, et centre en première intention vers le point de penalty. La suite ne permet pas de commentaires objectifs.

Samuel Umtiti, titularisé sur la gauche de la défense des Gones, surgit à l’autre bout du terrain, arme une demi-volée impossible, et rentre dans son ballon comme on pénètre une jeune vierge un soir de fête nationale. Sans retenue. Et puis le temps s’arrête. Le stade tout entier retient son souffle. Les britanniques si bruyants se contentent de regarder. De contempler. La frappe divine du jeune lyonnais termine sa course dans la lunette d’un Brad Friedel certainement trop humain pour pouvoir esquisser le moindre geste. Un partout, un OVNI dans chaque camp.



La demi-heure qui reste à jouer ressemble à un long round d’observation. Les Londoniens, assommés par le missile qu’ils viennent d’encaisser, accusent le coup tandis que Lyon se contente d’un résultat nul en terre ennemie et défend, en attendant le match retour. On s’achemine encore une fois vers une fin de match sans encombre lorsque Gareth Bale décide de se réveiller une seconde fois dans cette partie.

Une première alerte sous la forme d’un enroulé bien boxé par Vercoutre, puis une nouvelle faute inutile à 25 mètres des cages lyonnaises. Une dernière occasion pour le public de White Hart Lane de vibrer, pour Gonalons de protester et pour Bale de briller. Comme si c’était écrit, la frappe du gallois flotte, change de direction, file tout droit entre les gants d’un gardien Rhodanien à l’allure de pantin désarticulé. Filoche. 2-1 score final, Il restait 20 secondes à jouer dans le temps additionnel de ce match.



Ce soir, W9 a enfin montré à la France entière ce qu’est le véritable talent, en la personne de Gareth Bale. Surprenant, génial, inconstant, tout autant magnifique que démoniaque. L’émotion à l’état pur, celle qui m’a poussée à pondre ce foutu pavé . Celle que véhicule le Football.



Mots clés : Europa League, OL, Tottenham

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