En 2021, alors qu’il est sélectionneur du Maroc, Vahid Halilhodzic règle ses comptes avec le FC Nantes dans un entretien accordé à L’Équipe, parlant d’« improvisation et incompétence à tous les niveaux » au sommet du club. Il revient alors sur son passage sur le banc nantais entre 2018 et 2019, conclu sur fond de désaccords violents avec Waldemar Kita. Déjà à l’époque, le Bosnien dénonçait un mercato bricolé, des décisions prises sans lui et un entraîneur réduit au rôle de figurant. Il expliquait notamment avoir découvert, le dernier jour du marché d’hiver, l’arrivée d’Antonio Mance sans même avoir été consulté, symbole d’un fonctionnement qu’il jugeait totalement déconnecté du terrain. À ses yeux, Nantes était alors un club où le président décide de tout, sans vision claire, ni cap sportif assumé.
Une séparation sous tension et des années de chaos
Son départ, à l’été 2019, n’a surpris personne tant le climat s’était dégradé entre le coach et la présidence. Halilhodzic avait posé une condition claire pour rester : pouvoir construire un groupe plus compétitif et peser réellement sur le recrutement, condition jamais réellement remplie selon lui. Derrière, Nantes enchaîne les entraîneurs, les opérations maintien à l’arrache et les crises internes, sans retrouver une stabilité digne de son standing historique. Les coups de gueule de Vahid sur l’absence de vision, la place envahissante du président et les choix de mercato à courte vue résonnent alors comme un avertissement non entendu. Au fil des saisons, le FCN se retrouve régulièrement aspiré vers le bas du classement, confirmant l’image d’un projet sportif fragile et soumis aux humeurs d'une direction totalement déconnectée de la réalité.
2026 : Nantes rappelle son plus grand critique
En ce mois de Mars 2026, le scénario frôle l’invraisemblable : après une nouvelle série de mauvais résultats et une défaite contre Angers, Ahmed Kantari est limogé, et Waldemar Kita choisit de rappeler… Vahid Halilhodzic pour sauver une saison au bord du gouffre. À 73 ans, l’ancien buteur et coach emblématique revient donc en pompier de service, avec la mission d’arracher un maintien alors que Nantes ne compte que deux points d’avance sur la zone de barrage. L’ironie est totale : celui qui dénonçait « improvisation et incompétence à tous les niveaux » se retrouve à nouveau au cœur du système qu’il a si violemment critiqué. Sa réputation de meneur d’hommes, sa culture de l’urgence et sa connaissance de la maison donnent de l’espoir aux supporters, même si beaucoup redoutent un nouveau clash frontal avec la direction. Une chose est sûre : le retour de Vahid, sur fond de crise sportive permanente, valide en creux le diagnostic qu’il portait déjà sur le FC Nantes il y a cinq ans.