Le coup de gueule de Claude Le Roy
Sur le plateau de L’Équipe du Soir, Claude Le Roy n’a pas mâché ses mots sur la nomination de Davide Ancelotti au LOSC. « Je suis stupéfait que Lille accorde sa confiance à quelqu’un qui n’a quasiment jamais entraîné en tant que numéro 1, d’autant plus lors d’une saison où il faut disputer la Ligue des Champions. » a lâché l’ancien sélectionneur.
Il en a rajouté une couche sur la situation des coachs français laissés de côté. « Ils sont sur le carreau, mais ils ont déjà fait leurs preuves, déjà montré leur qualité et leur talent. (…) C’est un peu insupportable de voir ça. » a-t-il poursuivi, regrettant que Lille n’ait pas « donné la chance à un entraîneur français qui connaisse » la Ligue des champions.
Davide Ancelotti, vraiment sans expérience ?
Sauf que réduire Davide Ancelotti à un néophyte, c’est un peu fort de café. Le fils de Carlo, 36 ans, traîne depuis plus de dix ans sur les bancs des plus grands clubs européens comme adjoint : PSG, Real Madrid, Bayern, Naples, Everton… la liste pique un peu les yeux. On parle d’un mec qui a vécu les plus hauts niveaux tactiques et de pression.
Certes, son expérience comme numéro un est limitée, avec un passage de 33 matchs à Botafogo. Mais il n’arrive pas de nulle part. Lille le rappelle d’ailleurs dans sa présentation officielle : Davide a été « un acteur important des succès récents » de son père, en première ligne dans la gestion du vestiaire et la préparation tactique. Pas vraiment le profil touriste.
Olivier Létang assume totalement le pari Ancelotti
Olivier Létang, lui, assume à 100% ce choix. Pour le président du LOSC, Davide Ancelotti « coche toutes les cases » : formation, méthodologie, management, capacité à faire progresser les joueurs et à s’inscrire dans le projet lillois. Il ne cherche pas à vendre du rêve, il parle de travail, d’exigence et de continuité sportive.
Létang sait aussi qu’il mise sur un staff élargi et expérimenté pour encadrer ce premier gros challenge comme numéro un. De son côté, Davide se définit comme « un entraîneur très exigeant, très proche des joueurs » qui veut « une relation personnelle avec l’humain ». Exactement le discours qu’attend un vestiaire qui sort d’une grosse saison et qui jouera la Ligue des Champions la saison prochaine.
Lille, mauvais client pour le procès anti-coachs français
Sur le fond, la défense des entraîneurs français peut s’entendre. Mais viser le LOSC, c’est mal tombé. Le club nordiste a nommé une écrasante majorité de coachs français ces dernières décennies, avec seulement quelques exceptions étrangères. Difficile d’en faire le symbole d’un supposé désamour pour les techniciens de l’Hexagone.
Surtout, Lille sort d’un cycle réussi avec Bruno Genesio, et joue sa carte : un profil jeune, ultra formé, baigné de Ligue des champions depuis dix ans. Oui, c’est un pari. Mais condamner le projet avant même le premier entraînement, c’est exactement ce que le football français fait de pire depuis des années.






