OL : révélations autour du transfert de Matt Turner (New England Revolution)


Mercredi 25 Février 2026 16:25 - écrit par



Signé par l’OL l’été dernier, Matt Turner n’a jamais mis les gants à Décines, ni même foulé un terrain d’entraînement lyonnais. En quelques semaines, son « home run » rêvé s’est transformé en casse-tête financier, jusqu’à l’envoyer en prêt à New England Revolution.

Le transfert qui devait relancer Turner

En quittant Nottingham Forest, Matt Turner pensait avoir trouvé le plan parfait : un transfert à Lyon, club historique, grosse visibilité, concurrence ouverte dans les cages et quelques repères dans le vestiaire, comme Tanner Tessmann ou Ainsley Maitland-Niles, déjà présents dans le Rhône. L’OL, de son côté, s’était entendu avec Forest autour d’un deal estimé à 8 millions d’euros. Un tarif qui avait étonné pour un portier qui jouait peu depuis plusieurs saisons.

​Le gardien passe sa visite médicale à distance, à Chicago, alors qu’il est en rassemblement avec la sélection américaine. Il se prépare mentalement à tourner la page, à découvrir la Ligue 1, une ville dont on lui a vanté la ferveur et la qualité de vie, avec l’idée de rejouer très vite pour sécuriser sa place dans le groupe de la sélection américaine en vue de la Coupe du monde. Sur le papier, tout s’aligne : Lyon prévoit de vendre son numéro un, la place est « à gagner », et Turner voit un contexte idéal pour se relancer.

​Quand la DNCG s’invite… le jour de son anniversaire

Puis arrive le 24 juin, jour de son anniversaire. Sur l’écran du bus de la sélection, une alerte ESPN tombe : Lyon est relégué en Ligue 2 pour raisons financières par la DNCG, le gendarme financier du football français. « Tout le monde me regarde en mode : ‘Tu as vu ça ?’ », raconte Turner à Unfiltered Soccer podcast, qui avait déjà été prévenu en amont par son agent.

Derrière cette relégation administrative, un gouffre financier colossal et des restrictions sévères sur la masse salariale et les transferts. Très vite, Turner comprend que son arrivée, loin d’être neutre, devient un problème comptable. L’OL avait même tenté de faire annuler l’accord passé par l’ancienne direction, jugeant l’opération trop coûteuse dans ce contexte.

« Je ne voulais pas être celui qui mettait Lyon dans le rouge »

Dans Unfiltered Soccer, le portier américain confie que son transfert était précisément celui qui risquait de faire passer Lyon au-dessus du seuil autorisé par la DNCG : « Quand il est sorti que mon transfert était celui qui les ferait dépasser le seuil de ce qui était financièrement permis, il a fallu trouver une solution. » Turner insiste : il n’a jamais voulu être le joueur qui plombe un club déjà en difficulté, convaincu que même des prestations de haut niveau n’auraient pas suffi à faire oublier ce poids symbolique.

Résultat : l’accord avec Forest est finalement entériné, mais l’OL renonce à l’intégrer sportivement et choisit de le prêter immédiatement à New England Revolution, qui prend en charge son salaire, avec option d’achat à la clé. Turner, lui, retrouve un environnement connu, du temps de jeu régulier en MLS et une trajectoire claire pour rester dans la hiérarchie des gardiens de la sélection américaine.

Ironie ultime : Matt Turner est officiellement passé par Lyon sans avoir disputé la moindre minute, ni même participé à une séance d’entraînement avec l’équipe de Paulo Fonseca. En attendant, son histoire avec l’OL restera celle d’un gardien qui pensait relancer sa carrière à Lyon pour finalement bifurquer vers la MLS.