OM - TFC : une analyse déconnectée de Habib Beye qui inquiète

Entre Aubameyang abandonné et Greenwood obligé de décrocher, le plan de Habib Beye contre Toulouse révèle un inquiétant décalage tactique


Jeudi 5 Mars 2026 13:40 - écrit par



Habib Beye a voulu théoriser le pressing, il a surtout théorisé son propre décalage avec la réalité du match. Devant les médias, le coach de l’OM a expliqué que « presser une équipe dépend aussi de ce que fait l’adversaire », pointant le choix supposé de Toulouse d’allonger systématiquement sur 60 ou 70 mètres pour contourner le bloc marseillais. Sur le papier, l’argument se tient. Sur le terrain, surtout en seconde période, il vacille dangereusement.

Car le TFC n’a pas passé 90 minutes à balancer façon rugby vers son avant-centre. Les Toulousains ont progressivement varié, posé quelques séquences au sol et surtout profité d’un OM mal organisé dans le camp adverse, incapable de transformer ses temps forts en véritables situations de déséquilibre. Beye assure que son équipe a « souvent été chez eux en première comme en seconde période ». Statistiquement, la possession et l’occupation haute peuvent lui donner un vernis de crédibilité, mais le ressenti du match raconte autre chose : un bloc marseillais stérile, coupé en deux, et un pressing plus décoratif qu’efficace.

​Devant, Pierre-Emerick Aubameyang a encore couru, encore donné, souvent pour rien. Loin de l’image d’un OM installé dans le camp toulousain, le Gabonais a passé de longues séquences isolé entre les centraux, avec trop peu de soutien autour de lui pour peser autrement qu’en appels désespérés. Mason Greenwood, censé être ce relais entre les lignes vanté par Beye en conférence de presse, a dû décrocher et dézoner sans cesse pour toucher le ballon, abandonnant l’axe et laissant la surface toulousaine dramatiquement vide.

C’est là que l’explication de l’entraîneur marseillais sonne faux : réduire les difficultés du pressing au seul jeu long du TFC, c’est oublier que le premier problème venait de l’OM lui-même, de sa structure, de ses distances, de son incapacité à enfermer Toulouse sur ses sorties courtes quand elles se présentaient. On retrouve, dans cette lecture à moitié juste, les limites déjà entrevues lorsqu'il était en poste au Stade Rennais, quand le discours tactique ne colle plus vraiment aux images. Ce n’est pas de l’acharnement, mais quand la perception diverge autant du terrain, la question n’est plus seulement tactique : elle devient franchement inquiétante pour la suite de la saison marseillaise.