Menu
Jeunesfooteux
Jeunesfooteux

RC Lens critiqué, mais lucide : la gestion d’Oughourlian vaut mieux qu’un crash annoncé


Vendredi 5 Juin 2026 08:48 - écrit par



Personne n’avait vraiment vu venir une telle saison de ce RC Lens : deuxième de Ligue 1 derrière le PSG et vainqueur de la Coupe de France, avec un 3-1 maîtrisé en finale face à Nice. Ce combo offre aux Sang et Or un retour en Ligue des Champions et une exposition maximale, Bollaert en feu, la ville qui chavire, et la sensation d’avoir touché du doigt le très haut niveau.

Ce contexte rend évidemment le choc plus brutal au moment d’apprendre le départ de Pierre Sage, un an seulement après son arrivée, alors qu’il avait publiquement laissé entendre fin mai qu’il se voyait encore sur le banc lensois. Les supporters ont le sentiment d’un soufflé qui retombe, au moment même où la fête devait continuer.

Pierre Sage, entre frustration sportive et appel de la Premier League

Sportivement, il est impossible de retirer quoi que ce soit à Pierre Sage. Le technicien de 47 ans a remis Lens sur orbite, avec un jeu ambitieux, une équipe soudée et une capacité à performer dans les grands rendez-vous, en championnat comme en Coupe de France.

Mais en interne, les lignes étaient tracées dès son arrivée : budget encadré, pas de folie sur les prolongations, anticipation constante sur N+1 et N+2, surtout dans un contexte de droits TV en chute libre. Pierre Sage était prévenu dès son arrivée à Lens, mais il espérait probablement plus d'ambition du club après une telle saison largement au dessus des attentes fixées en début d'exercice. Et puis la Premier League est arrivée ...

Peut-on vraiment lui reprocher d’écouter des offres avec des salaires multipliés par quatre ou cinq et un budget mercato autrement plus confortable ? Probablement pas. Là où le bât blesse, c’est surtout dans la communication : discours rassurant devant les caméras fin mai, puis volte-face quelques jours plus tard, laissant forcément un goût amer à des supporters qui se projetaient déjà sur la Ligue des Champions avec lui.

Thomasson, Saint-Maximin, Sarr… des départs qui piquent mais un cadre assumé

La tension est montée d’un cran avec la perspective de perdre, en plus du coach, plusieurs joueurs importants : Adrien Thomasson, Wesley Saïd, Allan Saint-Maximin et probablement Malang Sarr, ont décidé de mettre les voiles. Les prolongations ont été étudiées, mais il était hors de question de sortir du cadre salarial qui a été fixé. Pire, beaucoup craignent encore des départs majeurs, comme celui de Mamadou Sangaré qui ne manque pas de prétendants.

Pour beaucoup, voir un club qualifié pour la lucrative Ligue des Champions serrer ainsi la vis ressemble à un manque d’ambition. Sauf que Joseph Oughourlian n’est ni BlueCo, ni Arnault, ni Pinault : le président du RCL a rappelé à plusieurs reprises que la chute des droits TV obligeait à une gestion prudente, en misant sur la croissance des revenus sponsoring, billetterie et annexes plutôt que sur le chéquier illimité.

Mais plus que d'être rattrapé par une réalité économique qui bouffe le football français, le RC Lens de Joseph Oughourlian a opté pour une gestion financière vertueuse en limitant les risques : utiliser la manne financière de la C1 pour sécuriser le club comme a pu le faire le Stade Brestois, consolider la structure, plutôt que tout brûler sur un mercato XXL. Cela n’empêchera pas les Sang et Or d’être compétitifs, mais cela oblige tout le monde - coach, joueurs, supporters - à ajuster ses rêves à la réalité économique du football français en 2026.

Et n'oublions pas une chose : un club de foot ce n'est pas qu'un staff et des joueurs. C'est également des centaines de salariés qui pourraient se retrouver sur le carreau en cas de mauvaise gestion. 

Frédéric Le Lay
Fondateur et directeur de publication de Jeunesfooteux.com depuis 2011, j'analyse l'évolution du... En savoir plus sur cet auteur


Suivez-nous